Ambre fétiche la bien nommée

23 janvier 2010 at 12:23 (Découvertes parfumées) (, , , , , )

Il s’agit d’un extrait d’un de mes récents articles écrits sur d’autres supports virtuels.

Parlons justement des collections parfumées de la marque. Celles qui me connaissent bien savent mon « amour » pour la collection des soins Splendide dont je possède d’ailleurs presque tous les produits de la gamme! En revanche, ma connaissance des parfums Goutal reste assez superficielle. La lecture de textes sur la marque ainsi que la conférence à laquelle j’avais assisté en novembre ont bien sûr apporté un éclairage supplémentaire, mais je reste tout de même novice en la matière.

Si j’apprécie notamment la fragrance « L’Eau d’Hadrien » et ai eu un coup de foudre pour « Un Matin d’Orage », je viens de découvrir un parfum de la collection Les Orientalistes. Je parle d’Ambre fétiche, la bien nommée! J’ai eu le plaisir de recevoir une miniature en cadeau et viens de passer une journée accompagnée de la fragrance. Quelle bonne surprise! Moi qui craignait que le sillage soit trop puissant et la fragrance trop opulente en débouchant le flacon, j’ai complètement changé d’avis après l’avoir apprivoisée! Son côté mystique me charme, son effluve sensuelle et douce à la fois m’ensorcelle!

Certes, au départ, le jus effraie quelque peu. Très sec et âcre, et même camphré, il semble développer des aspects très masculins. Dans l’immédiat, j’avoue ne pas avoir imaginé une seconde de pouvoir le porter. Je trouvais la fragrance intéressante mais importable pour moi. Mais il a suffi que je le vaporise sur ma peau, pour être transformée!

Le styrax monte à la surface de manière assez soudaine et me transporte immédiatement vers les temples de l’Orient. L’encens, essence chérie, s’immisce dans mes souvenirs grâce à ses volutes fumées… Je rêve de mes voyages passés.

Puis la note ambrée fait progessivement son apparition. Le parfum s’adoucit, devient plus sucré, et m’enveloppe de sa chaleur sensuelle. Comme de coutume, la vanille se développe particulièrement bien sur ma peau et me donne une impression de réconfort…

Mon rejet initial s’est transformé en addiction! J’ai porté le parfum toute la journée hier et ai même ressenti le besoin de me parfumer à nouveau avant de me coucher. La fragrance ne fait qu’un avec ma peau, on dirait même qu’elle exalte les saveurs naturelles de la dernière tout en y apportant un aspect plus corsé, fumé et minéral.

Ambre fétiche porte particulièrement bien son nom, essence divine, essence charnelle, essence addictive… L’effluve est voluptueuse et envoûtante, douce et sensuelle, élégante et racée. Un parfum de séduction, un parfum de peau, un parfum de caractère dont l’empreinte reste longtemps dans nos esprits et nos souvenirs.


Publicités

7 commentaires

  1. marie-anouch said,

    Coucou,

    Votre écriture agréable et parfumée est un plaisir à lire et à ….ressentir. J’ai particulièrement aimé votre article sur « l’ambre fétiche ». Je crois que c’est souvent qu’une oeuvre (que ce soit parfum, musique, peinture, ….) ne capte pas toujours du premier coup, qu’il faut comme vous le dites si bien « l’apprivoiser ». Et à ce propos, j’ai très envie d’écrire un petit passage de Roudnitska où il décrit un expérience similaire (décidément, je ne parle plus que de lui, mon chéri va devenir jaloux 😉

    C’est tiré d’un article intitulé « La disharmonie en parfumerie » (1968) :

    « La composition des trois parfums [« Scandal » (1932), « Rumeur » (1932) et « Prétexte » de Lanvin (1937)] – tant par la conception générale de la forme, par le choix des matériaux ingrats que par l’art de les assembler en vue de la forme – constituait une rupture totale avec le passé et témoignait d’une hardiesse de pensée qui, plus de trente après, me confond encore. La structure même de ces parfums, l’impression olfactive qu’ils me laissèrent quand je les sentis pour la première fois, correspondaient à l’effet que l’on a voulu désigner par le terme impropre de « disharmonie ». C’est à dire qu’après tout ce que j’avais senti jusqu’alors, j’éprouvais presqu’un haut-le-corps. Et pourtant, très vite je dépassais ce sentiment, je découvris, grâce à une vision globale, synthétique, du parfum, la beauté de la nouveauté de ces formes : je compris que c’était des oeuvres d’art authentiques. » (Edmond Roudnitska, 1968)

    Il m’est plusieurs fois en musique de me dire « Prokofiev, jamais de la vie », et maintenant je ne m’en lasse pas !!

    Marie-Anouch

  2. Passionez said,

    Bonjour Marie-Anouch,

    Je vous remercie de ce long commentaire inspiré! Il est vrai que l’on peut changer d’avis sur une oeuvre artistique tout simplement en allant plus loin dans la découverte! D’où l’intérêt de ne pas se laisser effaroucher trop vite!

    Merci pour cette citation d’Edmond Roudnitska qui traduit bien mon sentiment à l’égard d’Ambre fétiche!

    Au plaisir de vous relire bientôt!

  3. Uella said,

    Jamais senti ce parfum mais curieuse d’autant plus qu’il a ete tres mal note par Luca Turin, ca m’intrigue toujours ce genre de chose.

    • passionez said,

      J’avais vu effectivement que Luca Turin notait mal ce parfum. Cela ne m’empêche pas de l’aimer. Vous me direz ce que vous en pensez après l’avoir senti. J’ai d’ailleurs redécouvert Attrape-Coeur de Guerlain. Après en avoir lu tant de louanges (entre autres de Luca Turin mais aussi de nombreux blogueurs de parfum), j’ai décidé même de l’acquérir avant qu’il ne disparaisse. Je n’ai toujours pas de coup de foudre, mais ce parfum n’ayant pas d’effet repulsif sur moi, j’ai voulu aller à sa découverte de manière plus poussée. Je l’ai porté une première fois dimanche dernier. Si j’aime bien son évolution je regrette pour le moment son manque de sillage. Je le porterai à plusieurs reprises en étant moins timide dans l’application et je verrai si je peux l’apprivoiser.

  4. Uella said,

    Les parfums que j’aime le plus aujourd’hui sont presque tous des parfums que j’ai du retester plusieurs fois avec insistance (Tubereuse Criminelle, Une Fleur de Cassie, Mitsouko). De toutes facons c’est bien connu les parfums qui sentent bon tout de suite s’averent generalement decevants dans la duree, ce sont les plus difficiles a apprivoiser qu’on garde!
    Attrape-Coeur n’est pas un parfum aussi intense que certains Guerlain comme Nahema ou Insolence, par contre on risque fort de vous complimenter pour votre parfum alors que ne le detectez plus sur vous! L’original Guet-Apens etait un brin plus intense sans doute…

  5. passionez said,

    Je comprends tout à fait ce que vous voulez dire. Plus j’apprécie les parfums en général, plus je vais « au*delà » de l’apparence. En effet, je ne me voyais pas porter de parfum autrefois qui ne me séduise un minimum d’entrée. Si les notes de tête ne me convenaient pas, je passais mon chemin. Depuis quelques années, j’ai décidé d’aller plus loin dans la découverte. Je ne me laisse plus rebuter par des notes de tête peu tentantes. Ainsi en va-t-il avec Attrape-Coeur, dont je n’aime pas les notes de tête mais dont les notes de fond me font chavirer. Idem pour l’Heure Bleue.

    Peut-être garde-t-on plus les parfums moins « harmonieux » au premier abord, parce qu’on les a durement conquis?

    Il est vrai que certains parfums peuvent être agréables de suite et décevant à la fin. Je préfère forcément ceux qui me séduisent dans la durée.

    Je suis allée ressentir Nahéma. Non en extrait mais en eau de parfum. J’aime beaucoup mais l’odeur de rose (qui d’ailleurs semble délicieusement naturelle et fruitée) est probablement trop présente pour moi. Et le côté aldéhydé me rebute un peu. Pourtant là encore, je l’essaierai sur ma peau la prochaine fois, en laissant le parfum évoluer pour me faire un jugement plus approfondi.

  6. Uella said,

    La parfumerie commerciale doit vendre le parfum en moins de trente secondes, c’est un achat impulsif et non plus reflechi. La complexite de la parfumerie grand public est inexistante, raison pour laquelle les gens achetent et se lassent vite mais la mediocrite fait vendre aussi. Il y a forcement plus de profits a faire autour de ces centaines nouveautes qui sortent tous les ans et qui s’averent generalement decevantes plutot que de fideliser la clientele comme autrefois avec de grands parfums legendaires comme le No.5, Feminite du Bois ou encore Narcisse Noir.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :