Untitled de Maison Martin Margiela

26 mai 2010 at 10:58 (Découvertes parfumées)

S’il existe un parfum que je pensais ne pas porter, il s’agit bien de celui-ci. Untitled de Martin Margiela, le premier parfum du créateur célèbre pour sa mode que je considère comme une oeuvre expérimentale intéressante mais peu portable.

Il ne faut jamais dire jamais. En fait, mon ton n’était point aussi catégorique lorsque j’ai émis la pensée, ou plutôt l’absence de pensée de porter Untitled. Un parfum sans nom, sans visage, dont le flacon est habillé sobrement de verre transparent jusqu’à mi-hauteur avant d’être blanchi d’un grand coup de pinceau. Un flacon aussi anonyme en apparence que son contenu. Le jus vert-clair m’a intriguée tout de suite ainsi que l’univers auquel il fait référence. J’ai pensé mode expérimentale, art abstrait et absinthe. Un monde que je ne cotoîe que de loin (de très loin pour la dernière composante).

Mais la légendaire curiosité m’a poussée à découvrir ce parfum que je soupçonnais pourtant ne pas me convenir. Le podium installé pour l’occasion au magasin Printemps il y a deux mois y a été pour quelque chose. Des conseillères en blouse blanche, une ou deux chaises en bois brut et peintes en blanc, des gros morceaux de tissus blanc par terre… On se croyait dans un lieu à mi-chemin entre atelier de peintre et laboratoire médical…

Conformément à mes espérances, le jus m’a surpris de suite! Inhabituel, étrange, original furent les premiers mots qui me vinrent à l’esprit. Séduisant, intriguant furent les seconds. Et la première phrase cohérente a suivi: je dois l’essayer au porter! Comme un vêtement qui nous fait de l’oeil par son excentricité mais qu’on n’ose imaginer sur soi pour la même raison.

Je l’ai porté dans un cadre de fraicheur et de verdure, une journée de Printemps, une occasion rêvée pour découvrir ce parfum très vert qui fait référence aux tendances olfactives des années 70. Parfum rétro et pourtant très moderne. Je l’ai ressenti comme un ovni dans la parfumerie actuelle si consensuelle.

Je n’ai jamais été adepte de ces fameux parfums verts qui ressurgissent à l’heure actuelle. J’ai changé d’avis il y a quelques mois. Untitled a certainement fait figure de tournant dans mon histoire olfactive. Il faut dire que plus je m’immerge dans cet univers, plus je m’ouvre à de nouvelles orientations parfumées.

Comment expliquer ce coup de foudre inattendu? Le jus m’a interpellée grâce à ses notes vertes, soutenues fortement par le vert buis et le galbanum, racine en vogue en parfumerie ces derniers temps. Après le premier choc émotionnel, la fragrance m’a apaisée avec ses notes florales tournant autour du jasmin et de la fleur d’oranger. Le cèdre et l’encens ont achevé de me séduire. Ce parfum qui se veut unisexe, se féminise sur moi grâce à son coeur floral. Il me semble particulièrement adapté à ma personnalité pour ses aspects à la fois doux et sensuels et intriguants et fascinants.

Untitled, un parfum sans nom ni visage qui semble être fait pour tout le monde ni personne, sait s’adapter à la personnalité de chacun pour révéler notre essence secrète.

Permalien 3 commentaires

Voyage d’Hermès

21 mai 2010 at 9:42 (Voyages olfactifs)

C’est si bon de partir en voyage! Qu’il soit réel ou virtuel, n’oubliez pas d’emporter avec vous le tout nouveau parfum d’Hermès si justement nommé Voyage. Non, il ne s’agit aucunement d’une page de pub. Je ne touche pas de commission d’Hermès. Si je vous parle aujourd’hui de ce parfum, c’est que j’ai eu un coup de foudre pour cette essence.

Ah, j’avoue avoir succombé aux mots, quoi de plus facile lorsqu’ils sont poétiques. Jugez plutôt par vous-mêmes:

Les voyages sont comme des ailes, un moyen de changer de dimension. Soyez des voyageurs de l’imaginaire. Laissez jaillir toutes vos idées, formulez vos rêves. Hermès réalisera l’un d’entre eux. Je ne peux qu’approuver ces phrases en grande rêveuse qui se respecte. Quoi de plus naturel pour moi d’avoir voulu découvrir ce parfum?

Après avoir parcouru les océans, traversé les continents, je me contente (temporairement) des voyages imaginaires… Jusqu’à la prochaine escapade. En attendant, Voyage d’Hermès m’accompagne dans mes pérégrinations fantasmagoriques…

Au-delà du message véhiculé par la marque au travers de ce parfum, j’adhère à son enveloppe matérielle tout comme à son jus.

Le packaging a été particulièrement conçu pour permettre d’emporter le parfum partout avec soi… et donc en voyage. Mais au-delà du côté pratique, le design sobre peut aussi évoquer une boussole qui nous guide lors de nos séjours lointains… Le designer Philippe Mouquet a voulu reproduire un étrier. En faisant basculer le capot métallique du flacon, c’est tout comme si on mettait le pied à l’étrier pour s’échapper à dos de cheval…

Parlons contenu à présent. Jean-Claude Ellena dit avoir eu quelques difficultés à traduire un voyage en parfum. Traduire l’action en odeur n’est pas évident. Le mouvement, l’action est ici transcrite en élan glacial, quelque chose qui gifle et vous pousse à partir. Le parfum se veut à la fois masculin et féminin, frais et chaud, léger et tenace ainsi que linéaire et rond…

J’ai tout à fait pu ressentir ce que Jean-Claude Ellena a souhaité exprimer à travers ce parfum. Si je le porte avec autant de plaisir, c’est qu’il m’évoque tout un monde haut en couleurs et à la fois transparent. Proche de moi et lointain, me poussant à me dépasser ou à m’approcher d’un lieu rêvé ou d’un but fixé…

Ce parfum transporte dans tous les sens du terme. Je m’envole avec lui sur les ailes de mon imagination, je parcours mon univers fantastique en pensées. Je vois le jus tout aussi bien sur une femme que sur un homme mais quand je le porte il me paraît évident qu’il m’est destiné. Son côté frais, presque froid et métallique au premier abord, semble se réchauffer au contact de la peau. Pure évocation de l’esprit au départ, l’essence se matérialise en se mêlant aux effluves délicates de la peau. Elle prend corps, se développe, s’assoit, gagne en assurance et en personnalisation. Comme nos rêves et nos projets se distinguent les uns des autres et nous sont propres.

Voyage d’Hermès est un parfum extrêmement individualisable. Tant au niveau de l’imaginaire projeté qu’au niveau des notes olfactives inscrites sur la peau. Un tatouage parfumé unique en quelque sorte.

La construction olfactive le classe parmi les parfums boisés-floraux musqués. En tête, virevoletent des notes citronnées et épicées. Le départ est très frais tout en donnant tout de suite un aperçu de la personnalité du parfum, tout en apparentes/fausses contradictions. Le coeur plutôt floral s’épanouit en toute légèreté grâce aux notes de thé vert et d’hédione. Enfin, il s’arrondit avec caractère. Les muscs blancs et les bois blancs y jouent un grand rôle.

Le parfum est dit mixte mais sa signature est assez féminine sur moi probablement grâce au coeur floral le composant. Comme de coutume, je suis séduite par les créations olfactives de Jean-Claude Ellena qui réussit avec brio ce jeu de transparences si caractéristique de ses parfums.

Voyage d’Hermès est innovant et en même temps tout à fait ancré dans l’héritage de cette ancestrale maison de luxe. Le voyage a toujours fait partie des valeurs intrinsèques de cette marque de sellier.   » Les racines d’ Hermès, ce sont les jambes d’un voyage en mouvement. elles ne sont pas plantées dans la terre, elles galopent.” dit-on au sein d’une des plus grandes maisons de luxe françaises.

Quoi de plus adapté alors, de sortir un parfum-hommage au voyage?

Voyage d’Hermès existe en flacons rechargeables de 35 ml (environ 60 Euros) et 100 ml (90 Euros). Recharge de 125 ml à 75 Euros. Bravo pour ce concept écologique encore trop rare chez nos parfumeurs!

Permalien Un commentaire