Amaranthine de Penhaligon’s: un songe féérique et exotique

17 juillet 2011 at 4:35 (Découvertes parfumées) (, , , , , )

Rien de tel qu’une petite escapade imaginaire vers des contrées ensoleillées pour une journée morose et pluvieuse comme aujourd’hui. Quand l’été ne veut venir à moi, je m’en vais à sa rencontre grâce à un petit « sniff » olfactif.

Il y a peu de temps j’ai découvert Amaranthine, un parfum de la maison anglaise Penhaligon’s. C’est justement un jour de grand soleil à la chaleur étouffante que j’ai décidé de me réfugier dans le temple du shopping british à Paris: Le « department store » Old England. J’aime particulièrement « fureter » du côté des parfums. Le magasin propose une sélection de marques anglaises comme Miller Harris et Penhaligon’s.

Le packaging attire tout de suite mon regard. Une boite carrée longiligne de couleur prune foncée et décorée de dessins en filigrane inspirés d’un bestiaire fantastique. Il en faut peu pour emballer mon imagination. Me voilà envolée sur les ailes d’un phoenix en route pour une destination exotique et lointaine. Le nom prolonge le songe. Amaranthine…J’imagine une princesse immortelle mi fée mi humaine alanguie sur un lit fait de lianes et fleurs solaires rêvant d’un prince charmant qui viendra la réveiller et libérer de son sommeil éternel.

Je poursuis la découverte onirique en débouchant le flacon. En verre transparent, il est simplement orné d’une étiquette ronde reprenant en coloris argenté les motifs végétaux de la boite. Au centre trône le nom du parfum: Amaranthine. Le col du flacon est ceint d’un ruban en résille métallisée argentée. Il est temps de vérifier si l’impression visuelle rejoint la promesse olfactive. Je renifle discrètement le vaporisateur, puis en quelques pressions, libère un nuage parfumé. Et….

Et…l’enchantement des sens se prolonge. Je suis immédiatement captivée par le bouquet de senteurs qui se révèle à moi. Une explosion de couleurs solaires d’un jaune très lumineux apparaît devant mes yeux tel un feu d’artifice. Je m’éloigne de la forêt tropicale imaginée il y a quelques instants pour me retrouver sur une plage au sable blanc très fin. La mer de couleur turquoise semble s’étendre à l’infini. Les vagues me lèchent doucement les pieds. Je ressens une grande allégresse, un large sourire comme définitivement accroché à mes lèvres…J’irradie le bien-être… J’inspire par grandes goulées l’air marin vivifiant avant de capter quelques odeurs épicées. Je me tourne en quête de l’origine de ses effluves exotiques. Mes narines frémissent légèrement. Ne serait-ce pas de la cardamome et de la coriandre que je sens? Serais-je en Inde? Tout d’un coup l’ambiance olfactive change. Je perçois à présent une odeur de fleur d’oranger qui me rappelle les pâtisseries de mon enfance. Puis un bouquet de fleurs blanches semble m’assaillir de ses effluves capiteuses. Suis-je à Grasse ou en Egypte? J’ai l’impression de me noyer dans les nuances riches et opulentes du jasmin. Voilà que la fleur des Comores lui vole la vedette et m’ensorcelle. Je me délecte de cette sensation dépaysante et exotique qui m’enivre les sens. J’ai la tête qui tourne, je perds pied. Où suis-je? Ai-je fait le tour du monde en quelques minutes à peine? Je ressens une petite faim me tenailler le ventre. Une envie de douceur subite. Un lait chaud parfumé à la vanille, à la fève tonka et aux muscs blancs?

Soudain, je rouvre les yeux. Et je me souviens. Je me trouve chez Old England, boulevard des Capucines. Je sors du magasin comme en transe. Après la fraicheur sombre, le soleil estival semble me brûler la peau et pourtant je n’en ai cure. J’ai l’impression de flotter sur un nuage d’épices enroulées de feuilles de banane verte. Je ne peux m’arrêter de renifler mon avant-bras que j’ai rebaptisé de cette liqueur aphrodisiaque nommée Amaranthine. Qui aurait cru qu’un parfumeur anglais saurait me transporter si loin et si voluptueusement? Plus je m’éloigne du lieu qui fut le théâtre de mes songes olfactifs, plus je me sens déchirée. Une force irrésistible m’incite à reculer. J’ai envie de retourner sur mes pas, de faire un caprice et d’emporter avec moi cette eau miraculeuse. Comme dans une bulle, je me rends à mon cours de sport. Pour une fois, je suis particulièrement motivée et n’ai de cesse que la séance se termine… pour retrouver la belle endormie. Je cours à perdre haleine de peur de rater le rendez-vous. C’est que la belle s’offre à moi sous ses atours les plus séduisants. Enivrée, je craque devant l’offre irrésistible et emporte ce concentré de volupté exotique avec moi. J’ai rarement eu un tel coup de foudre pour un parfum. Ma Spiritueuse Double Vanille pourrait bien en devenir jalouse

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Untitled de Maison Martin Margiela

26 mai 2010 at 10:58 (Découvertes parfumées)

S’il existe un parfum que je pensais ne pas porter, il s’agit bien de celui-ci. Untitled de Martin Margiela, le premier parfum du créateur célèbre pour sa mode que je considère comme une oeuvre expérimentale intéressante mais peu portable.

Il ne faut jamais dire jamais. En fait, mon ton n’était point aussi catégorique lorsque j’ai émis la pensée, ou plutôt l’absence de pensée de porter Untitled. Un parfum sans nom, sans visage, dont le flacon est habillé sobrement de verre transparent jusqu’à mi-hauteur avant d’être blanchi d’un grand coup de pinceau. Un flacon aussi anonyme en apparence que son contenu. Le jus vert-clair m’a intriguée tout de suite ainsi que l’univers auquel il fait référence. J’ai pensé mode expérimentale, art abstrait et absinthe. Un monde que je ne cotoîe que de loin (de très loin pour la dernière composante).

Mais la légendaire curiosité m’a poussée à découvrir ce parfum que je soupçonnais pourtant ne pas me convenir. Le podium installé pour l’occasion au magasin Printemps il y a deux mois y a été pour quelque chose. Des conseillères en blouse blanche, une ou deux chaises en bois brut et peintes en blanc, des gros morceaux de tissus blanc par terre… On se croyait dans un lieu à mi-chemin entre atelier de peintre et laboratoire médical…

Conformément à mes espérances, le jus m’a surpris de suite! Inhabituel, étrange, original furent les premiers mots qui me vinrent à l’esprit. Séduisant, intriguant furent les seconds. Et la première phrase cohérente a suivi: je dois l’essayer au porter! Comme un vêtement qui nous fait de l’oeil par son excentricité mais qu’on n’ose imaginer sur soi pour la même raison.

Je l’ai porté dans un cadre de fraicheur et de verdure, une journée de Printemps, une occasion rêvée pour découvrir ce parfum très vert qui fait référence aux tendances olfactives des années 70. Parfum rétro et pourtant très moderne. Je l’ai ressenti comme un ovni dans la parfumerie actuelle si consensuelle.

Je n’ai jamais été adepte de ces fameux parfums verts qui ressurgissent à l’heure actuelle. J’ai changé d’avis il y a quelques mois. Untitled a certainement fait figure de tournant dans mon histoire olfactive. Il faut dire que plus je m’immerge dans cet univers, plus je m’ouvre à de nouvelles orientations parfumées.

Comment expliquer ce coup de foudre inattendu? Le jus m’a interpellée grâce à ses notes vertes, soutenues fortement par le vert buis et le galbanum, racine en vogue en parfumerie ces derniers temps. Après le premier choc émotionnel, la fragrance m’a apaisée avec ses notes florales tournant autour du jasmin et de la fleur d’oranger. Le cèdre et l’encens ont achevé de me séduire. Ce parfum qui se veut unisexe, se féminise sur moi grâce à son coeur floral. Il me semble particulièrement adapté à ma personnalité pour ses aspects à la fois doux et sensuels et intriguants et fascinants.

Untitled, un parfum sans nom ni visage qui semble être fait pour tout le monde ni personne, sait s’adapter à la personnalité de chacun pour révéler notre essence secrète.

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Marie Antoinette- voyage olfactif enchanteur des sens

20 mars 2010 at 12:43 (Découvertes parfumées) (, , , , , , , , , , )

Les amateurs de parfums rares et confidentiels vont se régaler! Que vous soyez Parisiens ou touristes de passage, prenez le temps de visiter cette petite boutique située dans une petite rue près de la place du marché Sainte-Catherine.

Le quartier du Marais regorge de surprises en tout genre et je suis étonnée de voir toutes celles qui m’échappent encore malgré mes promenades poussées. J’ai tendance à me perdre (volontairement) dans le dédalle des ruelles et petits passages, en quête d’une charmante adresse que je pourrais découvrir.

Me voici donc arrivée, tout à fait par hasard, devant la boutique MarieAntoinette, rue d’Ormesson. J’aperçois la vitrine du côté opposé de la rue, et sa mise-en-scène m’attire. J’avoue arpenter avec régularité les allées des grands magasins, mais rien ne me séduit plus qu’une petite boutique blottie entre deux ruelles ou perchée au sommet d’une petite colline… Celle-ci est située près d’une place de marché entourée de brasseries et de petits restaurants.

Je traverse la rue et pousse donc la porte. J’ai bien vu de loin que les trésors proposés relevaient du domaine du parfum, mais aucune effluve ne s’échappe de l’intérieur… Pour le moment je me contente du plaisir visuel. Mon regard a été accroché par les emballages tantôt kitsch tantôt rétro des savons fabriqués artisanalement et des flacons joliment ouvragés de facture ancienne…

Je suis accueillie par deux charmants messieurs. L’un, le créateur Antonio de Figueiredo, nous quitte rapidement… »Enfin seuls », me murmure le gentleman restant avec un petit clin d’oeil. Je joue le jeu avec un sourire. Mais passons aux choses sérieuses…

Mon regard ère de droite à gauche, effleure les produits si joliment mis-en-scène. Bougies, papiers à parfumer, parfums, savons, laits pour le corps et gels douche… La boutique a beau être petite, les tentations ne manquent pas!

L’envie me prend alors de mettre à contribution mon nez et de commencer la découverte olfactive. J’explique que je connais certaines marques de parfums présentées comme Parfum d’Empire, Les Parfums de Rosine ou Robert Piguet (certains plus ou moins bien d’ailleurs), mais que d’autres me sont tout à fait inconnues. J’aperçois des savons estampillés Claus Porto 1887 dont même le nom ne m’évoque aucun souvenir, à part une petite connotation allemande, confirmée par le monsieur gardien du temple.

On me présente cette marque portuguaise établie par un Allemand en 1887 à Porto. Selon la légende, cette maison fut la première au Portugal à fabriquer des savons et des parfums. Elle compte aujourd’hui parmi les plus prestigieuses du pays.

Le créateur de la boutique MarieAntoinette, Antonio de Figueiredo, Portuguais de naissance, a souhaité introduire cette marque en France et la faire connaître à un public averti ou amateur. D’ailleurs, parlons pendant quelques instants des motivations de Monsieur de Figueiredo. Quelle était l’idée à l’origine de la création de la boutique? Visiblement, Monsieur aime les senteurs et parfums d’exception et a voulu partager ses coups de coeur avec une clientèle amatrice de beaux parfums au caractère rare et authentique. Il a baptisé sa boutique MarieAntoinette en hommage à sa grand-mère, qui créait ses propres fragrances… Le concept original se fonde sur un désir de remettre à l’honneur une parfumerie d’excellence à la française. De Figueiredo propose ainsi à la fois des produits émanant de vieilles maisons françaises telles que P. Frapin et Cie, Robert Piguet et Parfums d’Orsay et des produits aux racines portuguaises bénéficiant d’une réputation séculaire comme Claus Porto ou Castelbel Porto. Mais on y trouve aussi des créations plus récentes telles que Parfums d’Empire par exemple. Le point commun entre chaque marque séléctionnée, étant toujours cette quête d’excellence, un savoir-faire souvent ancestral, des méthodes artisanales et un choix de matières premières hautement qualitatives et pour la plupart naturelles.

Je ne vous conterai point les histoires de chaque marque présentée dans cette ancienne cordonnerie, cela prendrait trop de temps, toutefois l’une ou l’autre Maison fera certainement l’objet d’un futur article.

Revenons à présent à mon expérience olfactive… Le calme du lieu et l’accueil attentionné encouragent à prendre son temps pour découvrir ces merveilleuses créations. Je me laisse dans un premier temps guider par les choix du Monsieur qui me présente ses préférences. Je découvre ainsi les bougies parfumées de Claus Porto, celles de Carrière Frères Industries inspirées d’un livre botanique (mention spéciale pour la senteur Lycopersicon Esculentunm-Tomate qui me fait penser au jardin de mon grand-père) et bien d’autres encore… Côté savons, je suis charmée par le packaging rétro des savons Claus Porto reprenant des motifs des années 30, ou le coffret évoquant des noms de prestigieux hôtels mais faisant en réalité référence à des légendes de boîte de nuits portugaises toujours de la même période historique (Majestic, Maxim…)…

Pour ce qui est des parfums, j’ai un coup de coeur pour les fragrances l’Humaniste de P. Frapin et Cie (un parfum très frais mêlant agrumes, cortège d’épices et une note évoquant le gin, que je verrai bien porté par mon homme et qui m’évoque Opus 1870 de Penhaligon’s) et 1270 (merveilleux parfum épicé qui s’ouvre avec gourmandise sur les notes d’orange confites, de pruneaux, de raisins, de cacao et de fève tonka, se tonifie en délicatesse grâce à la fleur de vigne, l’immortelle et le tilleul et s’arrondit en douceur avec le miel blanc, la vanille et le bois de gaïac. Une composition enveloppante et sensuelle, réconfortante et douce, délicieusement appropriée les froides nuits d’hiver…). J’ai humé ces fragrances avec un plaisir incomparable et me suis laissée rapidement envoûter par leurs compositions riches et facettées, originales et au caractère trempée mais intimistes… Point de sillage pour ces effluves… Il s’agit de parfums de peau qu’on ne peut percevoir qu’en s’approchant de la personne qui les porte.

Je suis également repartie à la découverte des parfums Robert Piguet, dont j’avais oublié quelque peu les senteurs, les ayant trop rarement respirées. Toutes celles que j’ai senties, évoquent un univers olfactif floral… plus ou moins épicé, gourmand, fruité ou aromatique… J’ai aimé Fracas et Visa mais ne me voit point les porter. Visa est un parfum oriental gourmand addictif censé ensorceller la gente masculine grâce à ses notes fruitées de pêche et de poire, fleuries de rose et d’ylang-ylang, lactées et gourmandes avec la vanille et le bois de santal…  tandis que Fracas est plus un parfum classique aux allures de femme sophistiquée qui séduit par son bouquet de fleurs composé des plus majestueuses du règne végétal comme la tubereuse, le jasmin, la rose, la jonquille, le gardénia…

Je suis repartie avec une crème pour le corps de la Maison Claus Porto parfumée à la lavande, le coeur léger, le nez frétillant et les yeux pleins d’étoiles… J’ai passé un excellent moment dans cette charmante boutique entourée de produits les plus intéressants et délicieux les uns que les autres… Je reviendrai très certainement continuer ce voyage olfactif enchanteur des sens…

En attendant, je vous invite, vous aussi, à pousser la porte de cette « caverne d’Ali-Baba aux milles senteurs » et vous enivrer des effluves rares et originales de Maisons anciennes ou marques contemporaines… Qui sait, vous trouverez peut-être la perle rare, le parfum qui vous sied à merveille, qui se fondra à votre peau avec distinction et vous fera succomber corps et âme…

www.marieantoinetteparis.fr

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Sa Majesté la Rose

14 février 2010 at 12:41 (Découvertes parfumées) (, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , )

Longtemps la rose a-t-elle été délaissée, boudée et même décriée. Jugée trop vieillote, trop poudrée, trop « dadame ». Cette fleur injustement connotée « has been » a enfin et à nouveau le vent en poupe! Les différentes Maisons de parfums la remettent à l’honneur et les jus à base ou créés autour de la rose connaissent un nouvel engouement.

Si j’ai toujours aimé l’odeur de la rose, je n’ai jamais vraiment adopté de parfum où la rose était star. Pourtant la rose, fleur si fragile et puissante à la fois, m’évoque tant de doux souvenirs d’enfance. Les roses sauvages du jardin de mes parents, celles cultivées dans le « parc » de mes grands-parents, les roseraies de Bagatelle… Dès ma plus tendre enfance, j’ai adoré plonger mon nez pourtant délicat dans cette fleur si fraiche et suave à la fois. D’ailleurs certaines confitures de pétales de rose m’évoquent encore aujourd’hui la sensation éprouvée autrefois. Un mélange d’innocence et de sensualité, une odeur légère et vive, un parfum jeune et ancien à la fois…

La rose a beau jouir, malgré elle, d’une réputation de quasi-antiquité, elle peut être extrêmement contemporaine. Saviez-vous que la rose possédait plus de 500 molécules odorantes? Elle peut se faire tour à tour fraîche, verte, fruitée, mieillée, épicée, boisée, citronnée, poudrée… Tout dépend de sa variété, de son origine, du climat dans lequel elle prospère et de l’emploi qu’on en fait.

J’ai à nouveau renoué avec la rose sous forme de parfum, en découvrant Rose Barbare de la collection l’Art et la Matière de Guerlain il y a environ 3 ans. Un parfum dont la beauté et la construction olfactive ne m’ont pas laissée indifférente. Classique et contemporaine à la fois, la rose s’y fait poudrée mais un peu métallique également notamment grâce (ou à cause selon le point de vue) aux aldéhydes tout en restant à l’état quasi-sauvage. Un parfum opulent et léger à la fois. Contrastée et haute en couleur, elle se fait pétillante et douce en même temps. Ses aspects mieillés et musqués ont certainement contribué à me séduire. Si je ne la porte que très rarement, cela est sans doute dû aux notes de patchouli que j’ai toujours du mal à apprivoiser. Et même si elle reste peu poudrée par rapport à certains parfums de rose classiques, elle le semble malgré tout l’être encore trop pour moi. Je la garde donc précieusement au fond d’un tiroir à l’abri de la lumière pour la ressortir de temps à autre quand le besoin d’une bouffée florale s’impose.

En parlant de la rose, j’ai découvert les Parfums de Rosine récemment dont le travail repose justement sur des créations autour de cette reine des fleurs. Les Parfums de Rosine sont un parfait exemple prouvant aux personnes qui ne sont pas à fortiori attirées par la rose, que l’on peut l’aimer et la porter malgré tout. Car si la rose est présente dans tous leurs parfums, elle y est plus ou moins traitée en majeur ou mineur selon les occasions et surtout révèle de nombreuses facettes souvent insoupçonnées. Je vous en reparlerai bientôt notamment en vous faisant découvrir Secrets de Rose, l’un des plus récents parfums de la Maison.

Un autre parfum composé autour de la rose que je souhaite découvrir, est Lipstick Rose des Editions Frédéric Malle. Décrit comme gai et sophistiqué à la fois, ce jus est censé être la représentation de la femme glamour et sophistiquée, se préparant dans son boudoir pour une grande soirée. Comme le nom l’indique, la rose est ici traitée dans son aspect cosmétique notamment avec la « reproduction » de la senteur typique d’un baton de rouge-à-lèvres. J’ai découvert quelques majeures fragrances des Editions de parfums Frédéric Malle il y a quelques semaines, mais j’avais mis Lipstick Rose de côté à l’époque, préférant me consacrer à l’apprivoisement de jus avec lesquels je me sentirais plus facilement en harmonie. Mais ce n’est que partie remise, je partirai à sa recherche olfactive très bientôt.

Dans les créations récentes, on trouve Parisienne d’Yves Saint Laurent. Personnellement, je n’ai pas accroché. Si son nom évoque une femme sensuelle, libre et amoureuse, représentée par la célèbrissime Kate Moss, je n’y ai vu qu’un autre jus créé pour des minettes de 20 ans souhaitant ressembler à leur icône fashion pas si parisienne que cela! J’avoue d’ailleurs trouver quelque peu étrange le choix d’une égérie américaine pour un parfum étant censé être typiquement français et parisien en l’occurence! Un parfum qui se veut chic et sophistiqué, intemporel et moderne à la fois. Pour le côté moderne je veux bien, mais chic? Je ne sais pas.

Il existe des parfums à la rose que j’ai envie de (re-) sentir et (re-) découvrir. Je pense notamment à For Her, de Narciso Rodriguez ou Nahéma de Guerlain. Parmi les anciennes créations, je suis tentée de partir à la recherche de Guerlarose de Guerlain ou Royal White Rose de Lubin (peut-être par l’intermédiaire de l’Osmothèque de Versailles, conservatoire international des parfums).

Et parmi les nouveaux jus récents, Rose Oud by Killian et Rose Wood Blackcurrant de Korrès me font de l’oeil. A voir s’ils sauront captiver mon nez…Par ailleurs, j’ai trouvé assez attirante la nouvelle eau de Dior: Forever and ever. Je l’ai humé il y a quelques semaines à son lancement plus ou moins secret au Sephora des Champs-Elysées. La rose y est traitée dans toute son innocence et sa fraicheur, une rose romantique pour jeunes premières…

Et vous, êtes-vous tombés sous le charme de la rose? Si oui, laquelle susurre le plus tendrement à votre oreille? Y en a t-il une qui vous chamboulle les sens? Vous fait frémir ou frétiller le nez? Ou pensez-vous toujours qu’elle est réservée à votre grand-mère? Faites-moi part de vos impressions!

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Si la fève tonka m’était contée…

23 janvier 2010 at 1:07 (Découvertes parfumées) (, , , , , , )

… elle s’appelerait Tonka Impériale.

Je voulais vous en parler il y a des mois… puis j’ai oublié. Comment excuser l’inexcusable? Tout simplement par cette justification: je ne l’ai pas encore senti. Pourquoi vous en parler maintenant alors? Là encore la réponse est simple: il le faut! C’est impératif! Je ne peux plus faire de rétention d’information! Soyons justes et honorons ceux qui ont fait figure d’effet déclencheur! La lecture de divers blogs parfumés m’ayant inspirée et provoquée cette profonde envie de vous en dire plus… en aveugle. Oui je me jète sans filet dans le vide puisque je vous parle d’un parfum que je n’ai pas encore senti! Le comble me direz-vous!

Mais la fin justifie, pour cette fois, les moyens! Vous donner l’envie de le découvrir… peut-être même avant moi! Oh je sens la jalousie monter en moi! Oui, je veux le sentir, le sentir tout de suite! Ne me prenez pas de vitesse, ne me gâchez pas le plaisir de l’inédit. Inédit s’il y a puisque certains amateurs de parfums ont déjà eu le privilège de sentir cette nouvelle fragrance. Leur talent poétique, l’intensité des émotions décrites m’ont mise dans un sacré état. Mon nez a frétillé d’excitation anticipée, mon coeur a battu la chamade, tout ça par simple évocation olfactive virtuelle… Quel pouvoir peuvent avoir les mots!

Mais venons-en aux faits! Tonka Impériale est le nouveau parfum de la série exclusive de l’Art et la Matière de Guerlain. L’une de mes conseillères préférées m’en avait parlé en douce l’automne dernier. En me précisant toutefois que sa sortie n’était pas prévue avant fin janvier/début février. Tout feu tout flamme, elle m’a donné quelques précisions que voici.

Il s’agit d’un parfum dans la tradition de Guerlain, reprenant l’un des composants essentiels de la Guerlinade: la fameuse fève tonka. Jamais auparavant la fève tonka avait été traitée en soliflore et enfin la Maison la met à l’honneur! Vous qui aimez, comme moi, les parfums chauds et sensuels (Spiritueuse Double Vanille, Cuir Beluga….), vous allez certainement aimer Tonka Impériale. Elle m’a mise en appétit en évoquant l’appartenance à ce groupe de parfums tout en le distinguant et m’expliquant qu’il était ambigüe et pouvait tout à fait être porté et par la femme et par l’homme. Malgré un matraquage marketing et médiatique qui n’a pas été sans influence sur moi pendant des années, je l’avoue, j’ai beau faire la distinction entre parfums plutôt féminins et plutôt masculins, certaines notes traditionnellement réservées à la gent masculine m’ont profondément séduite. Je pense au basilic et à la lavande par ex. Notes aromatiques que j’affectionne particulièrement. Le basilic pour sa note épicée et anisée et la lavande pour son côté floral, herbacé et fruité boisé à la fois.

Donc si le parfum s’affiche ambigüe, cela m’intrigue encore plus. Le romarin, un aromatique herbacé et camphré, réservé habituellement à la parfumerie masculine semble ici traité avec plus de fraicheur sans son côté âcre si l’on en croit le verdict de certains amateurs.

Mais reparlons de la matière première traitée en priorité: la fève tonka. Connaissez-vous son origine? J’emprunte les mots du site Osmoz.fr qui résume très bien l’histoire, l’origine et l’utilisation de la fève tonka. Voici les extraits: L’arbre produisant la fève tonka est originaire du Venezuela, de la Guyane et du Brésil. La graine est récoltée, séchée, trempée dans l’alcool (rhum) de douze à vingt-quatre heures, séchée à nouveau; elle développe en surface des cristaux de coumarine. Les graines sont réduites en poudre puis extraites aux solvants pour l’obtention de la concrète, puis de l’absolue. Donne un très bel effet naturel doux dans les notes fougères, ambrées, orientales.

Par ailleurs, la fève tonka est également utilisé en cuisine. Elle peut être utilisée en infusion mais aussi râpée comme la noix de muscade pour relever purées, viandes ou aromatiser des desserts comme la panna cotta. Mais attention à l’overdose! Elle peut être toxique!

Certains comparent Tonka Impériale à une pâtisserie fine que l’on dégusterait avec délectation. Les détracteurs de Spiritueuse Double Vanille de la même Maison qui critiquaient son côté über-gourmand et liquoreux, se réconcilient avec Guerlain grâce à cette nouvelle fragrance exclusive.

En addict Guerlain qui se respecte, je vous ferai part de mes impressions dès que j’aurai eu l’occasion de tester cette nouvelle eau de parfum. Vous imaginez mon impatience!

(article rédigé par mes soins sur un autre support Web)

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Les bulles parfumées de Kurkdjian

23 janvier 2010 at 12:56 (Découvertes parfumées) (, , , , )

Voici encore un article publié sur un autre support. Je viens de rédiger cet article il y a quelques jours à peine.

Il y a quelque temps, j’étais allée « visiter » la nouvelle boutique de Francis Kurkdjian, rue d’Alger, dans le 1er arrondissement de Paris. La boutique, décorée des tons gris, zinc et or dans un style minimaliste, est exigüe et 4 personnes suffisent pour la remplir. Du monde étant déjà présent, je ne me suis point attardée. J’ai donc repoussé ma découverte des produits de la Maison à un jour où je passais au Bon Marché, car Kurkdjian (la marque non la personne) y tient un stand.

Parmi les produits qui m’ont le plus interpellée, il y a avait sans conteste les Bulles d’Agathe: des bulles parfumées en trois variantes: Poire, Menthe Froide et Herbe Coupée. Je trouvais cette idée simple et ingénieuse à la fois, ludique et sophistiquée en même temps. Ces bulles parfumées sont censées initier les enfants au monde du parfum en éveillant leur intérêt par ce petit jeu de souffler des bulles parfumées. Je me rappelle m’être amusée à souffler ces mêmes bulles en version plus économique à l’aide de savon dilué ou tout simplement de produits de vaisselle. Même sans fragrance élégante, ce petit jeu était fort plaisant et intriguant à la fois. Je m’émerveillais à chaque fois de pouvoir produire de parfaites bulles rondes et admirais leur montée vers le ciel. Ce geste ludique avait pour moi une signification fort poétique. J’y voyais un voyage d’une autre sorte. Je m’imaginais suivre les bulles et découvrir le monde à travers leur prisme…

J’avoue avoir été fortement tentée d’acquérir les bulles version Kurkdjian pour moi-même pour retrouver ce plaisir innocent et insouciant, si léger et futile en apparence mais si fertile en profondeur, tout en pouvant jouir de senteurs plus travaillées qu’à l’époque de mon enfance. Le prix m’a tout de même freinée. 12 Euros la petite bouteille, ce n’est pas donné vu la simplicité du produit.

En parlant de bulles parfumées, je me prends à songer aux Grandes Eaux Nocturnes de Versailles. Avez-vous déjà eu la chance d’y aller? Il y a environ deux ans, un soir d’été, mon fiancé et moi avions décidé de nous offrir ce petit intermède sensoriel. Si la foule nous a un peu gâché le plaisir (cet évènement est très couru!), nous avons tout de même pris beaucoup de plaisir à déambuler de bosquet en jardin et à découvrir les mises-en-scène artistiques, l’une plus originale que l’autre. Tous nos sens étaient sollicités. La vue par des effets de lumière (spectacle laser notamment), l’ouië par des compositions musicales diverses, l’odorat par la diffusion de fragrances particulières au-dessus de certains points d’eau… D’ailleurs l’orchestration olfactive était gérée en partie par Kurkdjian à l’époque, notammant avec une mise-en-scène de bulles parfumées s’élévant au-dessus d’un petite fontaine. Si vous n’avez pas encore eu l’occasion d’aller à Versailles profitez de l’été pour y aller. Réservez la journée pour visiter le château et le soir promenez-vous dans les jardins et laissez vous émerveiller par le spectacle multi-sensoriel….

Pour revenir à Kurkdjian, parmi les curiosités qui m’ont attirée, figure aussi le bracelet parfumé et les soins du linge. Tour Atour est un bracelet en cuir parfumé. Il s’agit en fait d’un lien en cuir relié par un fermoir en argent gravé de l’emblème de la Maison. Le bracelet existe en 3 fragrances. Cet accessoire est un petit clin d’oeil aux origines du métier de parfumeur, qui était aussi gantier à l’époque… Jolie symbolique, mais là encore c’est le prix qui effraie. 140 Euros le lien en cuir! Quant au fameux soin du linge, il s’agit de l’Aqua Universalis destinée à des usages multiples dont celui de parfumer son linge de maison! Il s’agit en quelque sorte d’un assouplissant premium (1litre -28 Euros, ce qui correspond à 20 lavages environ)!

Ah dernier produit qui mérite d’être évoqué: le papier d’Arménie. Kurkdjian a remis le papier parfumé à l’honneur. La ligne Papier Encens existe en 3 variantes parfumées (18 Euros les 20 lamelles).

Vous avez certainement compris que j’appréciais la Maison et son offre de produits originale mais que je trouve les prix excessifs. Je risque donc de passer à côté de petites histoires parfumées intéressantes uniquement à cause de cet obstacle de prix!

Je vous laisse le soin d’aller plus loin dans la découverte de la Maison Francis Kurkdjian… Si vous le souhaitez, vous pouvez faire un petit voyage virtuel en suivant ce lien: http://www.franciskurkdjian.com/fr/index.php

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Ambre fétiche la bien nommée

23 janvier 2010 at 12:23 (Découvertes parfumées) (, , , , , )

Il s’agit d’un extrait d’un de mes récents articles écrits sur d’autres supports virtuels.

Parlons justement des collections parfumées de la marque. Celles qui me connaissent bien savent mon « amour » pour la collection des soins Splendide dont je possède d’ailleurs presque tous les produits de la gamme! En revanche, ma connaissance des parfums Goutal reste assez superficielle. La lecture de textes sur la marque ainsi que la conférence à laquelle j’avais assisté en novembre ont bien sûr apporté un éclairage supplémentaire, mais je reste tout de même novice en la matière.

Si j’apprécie notamment la fragrance « L’Eau d’Hadrien » et ai eu un coup de foudre pour « Un Matin d’Orage », je viens de découvrir un parfum de la collection Les Orientalistes. Je parle d’Ambre fétiche, la bien nommée! J’ai eu le plaisir de recevoir une miniature en cadeau et viens de passer une journée accompagnée de la fragrance. Quelle bonne surprise! Moi qui craignait que le sillage soit trop puissant et la fragrance trop opulente en débouchant le flacon, j’ai complètement changé d’avis après l’avoir apprivoisée! Son côté mystique me charme, son effluve sensuelle et douce à la fois m’ensorcelle!

Certes, au départ, le jus effraie quelque peu. Très sec et âcre, et même camphré, il semble développer des aspects très masculins. Dans l’immédiat, j’avoue ne pas avoir imaginé une seconde de pouvoir le porter. Je trouvais la fragrance intéressante mais importable pour moi. Mais il a suffi que je le vaporise sur ma peau, pour être transformée!

Le styrax monte à la surface de manière assez soudaine et me transporte immédiatement vers les temples de l’Orient. L’encens, essence chérie, s’immisce dans mes souvenirs grâce à ses volutes fumées… Je rêve de mes voyages passés.

Puis la note ambrée fait progessivement son apparition. Le parfum s’adoucit, devient plus sucré, et m’enveloppe de sa chaleur sensuelle. Comme de coutume, la vanille se développe particulièrement bien sur ma peau et me donne une impression de réconfort…

Mon rejet initial s’est transformé en addiction! J’ai porté le parfum toute la journée hier et ai même ressenti le besoin de me parfumer à nouveau avant de me coucher. La fragrance ne fait qu’un avec ma peau, on dirait même qu’elle exalte les saveurs naturelles de la dernière tout en y apportant un aspect plus corsé, fumé et minéral.

Ambre fétiche porte particulièrement bien son nom, essence divine, essence charnelle, essence addictive… L’effluve est voluptueuse et envoûtante, douce et sensuelle, élégante et racée. Un parfum de séduction, un parfum de peau, un parfum de caractère dont l’empreinte reste longtemps dans nos esprits et nos souvenirs.


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