Voyage d’Hermès

21 mai 2010 at 9:42 (Voyages olfactifs)

C’est si bon de partir en voyage! Qu’il soit réel ou virtuel, n’oubliez pas d’emporter avec vous le tout nouveau parfum d’Hermès si justement nommé Voyage. Non, il ne s’agit aucunement d’une page de pub. Je ne touche pas de commission d’Hermès. Si je vous parle aujourd’hui de ce parfum, c’est que j’ai eu un coup de foudre pour cette essence.

Ah, j’avoue avoir succombé aux mots, quoi de plus facile lorsqu’ils sont poétiques. Jugez plutôt par vous-mêmes:

Les voyages sont comme des ailes, un moyen de changer de dimension. Soyez des voyageurs de l’imaginaire. Laissez jaillir toutes vos idées, formulez vos rêves. Hermès réalisera l’un d’entre eux. Je ne peux qu’approuver ces phrases en grande rêveuse qui se respecte. Quoi de plus naturel pour moi d’avoir voulu découvrir ce parfum?

Après avoir parcouru les océans, traversé les continents, je me contente (temporairement) des voyages imaginaires… Jusqu’à la prochaine escapade. En attendant, Voyage d’Hermès m’accompagne dans mes pérégrinations fantasmagoriques…

Au-delà du message véhiculé par la marque au travers de ce parfum, j’adhère à son enveloppe matérielle tout comme à son jus.

Le packaging a été particulièrement conçu pour permettre d’emporter le parfum partout avec soi… et donc en voyage. Mais au-delà du côté pratique, le design sobre peut aussi évoquer une boussole qui nous guide lors de nos séjours lointains… Le designer Philippe Mouquet a voulu reproduire un étrier. En faisant basculer le capot métallique du flacon, c’est tout comme si on mettait le pied à l’étrier pour s’échapper à dos de cheval…

Parlons contenu à présent. Jean-Claude Ellena dit avoir eu quelques difficultés à traduire un voyage en parfum. Traduire l’action en odeur n’est pas évident. Le mouvement, l’action est ici transcrite en élan glacial, quelque chose qui gifle et vous pousse à partir. Le parfum se veut à la fois masculin et féminin, frais et chaud, léger et tenace ainsi que linéaire et rond…

J’ai tout à fait pu ressentir ce que Jean-Claude Ellena a souhaité exprimer à travers ce parfum. Si je le porte avec autant de plaisir, c’est qu’il m’évoque tout un monde haut en couleurs et à la fois transparent. Proche de moi et lointain, me poussant à me dépasser ou à m’approcher d’un lieu rêvé ou d’un but fixé…

Ce parfum transporte dans tous les sens du terme. Je m’envole avec lui sur les ailes de mon imagination, je parcours mon univers fantastique en pensées. Je vois le jus tout aussi bien sur une femme que sur un homme mais quand je le porte il me paraît évident qu’il m’est destiné. Son côté frais, presque froid et métallique au premier abord, semble se réchauffer au contact de la peau. Pure évocation de l’esprit au départ, l’essence se matérialise en se mêlant aux effluves délicates de la peau. Elle prend corps, se développe, s’assoit, gagne en assurance et en personnalisation. Comme nos rêves et nos projets se distinguent les uns des autres et nous sont propres.

Voyage d’Hermès est un parfum extrêmement individualisable. Tant au niveau de l’imaginaire projeté qu’au niveau des notes olfactives inscrites sur la peau. Un tatouage parfumé unique en quelque sorte.

La construction olfactive le classe parmi les parfums boisés-floraux musqués. En tête, virevoletent des notes citronnées et épicées. Le départ est très frais tout en donnant tout de suite un aperçu de la personnalité du parfum, tout en apparentes/fausses contradictions. Le coeur plutôt floral s’épanouit en toute légèreté grâce aux notes de thé vert et d’hédione. Enfin, il s’arrondit avec caractère. Les muscs blancs et les bois blancs y jouent un grand rôle.

Le parfum est dit mixte mais sa signature est assez féminine sur moi probablement grâce au coeur floral le composant. Comme de coutume, je suis séduite par les créations olfactives de Jean-Claude Ellena qui réussit avec brio ce jeu de transparences si caractéristique de ses parfums.

Voyage d’Hermès est innovant et en même temps tout à fait ancré dans l’héritage de cette ancestrale maison de luxe. Le voyage a toujours fait partie des valeurs intrinsèques de cette marque de sellier.   » Les racines d’ Hermès, ce sont les jambes d’un voyage en mouvement. elles ne sont pas plantées dans la terre, elles galopent.” dit-on au sein d’une des plus grandes maisons de luxe françaises.

Quoi de plus adapté alors, de sortir un parfum-hommage au voyage?

Voyage d’Hermès existe en flacons rechargeables de 35 ml (environ 60 Euros) et 100 ml (90 Euros). Recharge de 125 ml à 75 Euros. Bravo pour ce concept écologique encore trop rare chez nos parfumeurs!

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Le goût des parfums

31 janvier 2010 at 2:09 (Voyages olfactifs) (, , , , )

Ces derniers temps, mon compagnon me suit partout, surtout lors de mes voyages souterrains à travers la ville. Il faut dire qu’il est petit, compact et donc facile à emporter avec moi. L’avoir à mes côtés, c’est chasser les ombres, faire fuir les indésirables, occulter les bruits désagréables et les odeurs nauséabondes… Grâce à lui, j’ai l’impression de pouvoir capturer la lumière, voyager à travers le temps et l’espace, respirer tour à tour l’air pur et sain et des senteurs les plus fascinantes et intriguantes les unes que les autres…

Mais quel est donc ce merveilleux outil aux pouvoirs magiques me direz-vous? Un petit livre, un recueil de textes et de poèmes tout simplement. « Le goût des parfums » (éditions Mercure de France) comme l’indique le titre, traite du parfum sous toutes ses facettes: langage de séduction, empreinte de souvenirs, voyages gustatifs…

Tous les jours, je lis un petit texte ou poème et à chaque fois je m’évade du quotidien pour rejoindre le monde imaginé ou vécu d’un écrivain ou poète. Le parfum est ici une fenêtre qui nous permet non seulement d’entrevoir le divin mais aussi le moi intérieur de chacun. Il privilégie l’évocation, exhortant le travail de la mémoire… Grâce au pouvoir olfactif, des pans entiers de notre histoire ressurgissent. Notre passé revit soudainement en technicolor!

C’est pourquoi lire ces extraits de romans, d’essais ou de poèmes, nous facilitent l’immersion dans l’univers de leur auteur. La description si minutieuse et détaillée des sensations vécues, le contexte haut en couleurs, nous téléportent d’un coup de baguette magique vers cet épisode de découverte olfactive.

Je souhaite vous faire partager cette aventure, vous transmettre quelques-unes des émotions ressenties et des réflexions engendrées par ces oeuvres.

Voici un extrait qui m’a particulièrement touchée:

Extrait de « L’aristocratie du nez » d’Amélie Nothomb:

L’odorat a ceci de merveilleux qu’il n’implique aucune possession. On peut être poignardé de plaisir, dans la rue, par un parfum porté par une personne non identifiée. C’est le sens idéal, autrement efficace que l’oreille toujours bouchée, autrement discret que l’oeil qui a des manières de propriétaire, autrement subtil que le goût qui ne jouit que s’il y a consommation.

Si nous vivions à ses ordres, le nez ferait de nous des aristocrates.

Ce texte a causé une résonance particulière en moi. L’odorat a longtemps été un sens dénigré car il nous rappelait nos origines primitives. Pourtant c’est le sens le plus direct et discret à la fois, le sens qui nous permet d’appréhender le monde différemment, avec plus de finesse ou plus de « brutalité » (sans détour aucun), le sens qui nous échappe le plus (difficile de contrôler ce qu’on sent dans la rue)… Le sens olfactif est un sens noble et hautement intéressant à mes yeux (!), car il permet un contact direct et sans fioriture avec le monde qui nous entoure. Il nous relie directement à nos émotions et nos souvenirs. Certes là aussi, la réalité peut-être tronquée car subjective, mais notre perception nous renvoie une image exacte et particulièrement vivante du souvenir enregistré à l’époque en même temps que l’odeur ressentie.

La suavité du parfum nous laisse rarement insensible. A travers la lente inspiration des effluves, nous renouons avec des êtres aimés disparus, nous remontons le temps et l’espace. Ou alors au contraire, nous construisons notre futur avec une simple bouffée odorante. Qui n’a jamais été aspiré dans une histoire d’amour par simple attraction olfactive?

Source photo et extrait:  Editions Mercure de France: Le goût des parfums

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