Interparfums

19 février 2010 at 11:04 (Histoire de marques) (, , , , , , , , )

J’ai eu l’opportunité d’assister à une conférence d’Interparfums hier soir. Cette société créée en 1982 par Philippe Benacin et Jean Madar, deux anciens de l’ESSEC, a su se faire sa place dans le marché mature et hautement concurrentiel qu’est la parfumerie.

L’entreprise crée, fabrique et distribue des parfums de prestige sur la base de contrats de licence conclus avec de grandes marques de haute couture, de prêt-à-porter, de haute joaillerie ou d’accessoires. Parmi ses plus grandes marques, on compte Burberry, Lanvin, Van Cleef&Arpels et Paul Smith. La stratégie de la société est basée sur une croissance interne favorisée par le développement des marques sous licence comme Burberry (extension et création de nouvelles lignes) et sur la croissance externe par l’acquisition de nouvelles marques comme Jimmy Choo. Si Interparfums est principalement orientée vers l’export et a donc souffert de la crise économique, elle a su maintenir un certain équilibre grâce à une bonne couverture de change.

La conférence avait pour objet de nous présenter la société et son activité. Si la plupart des informations sont facilement accessibles par le grand public, notamment grâce à leur site internet, nous avons tout de même pu bénéficier d’un « insight » plus poussé grâce à certaines explications concernant les critères de choix des marques sélectionnées pour entrer dans le portefeuille de la société ainsi que des petites informations sur le lancement de certaines lignes de produits.

En dehors des dates et chiffres clés, la description de l’activité et du portefeuille de marques, les deux dirigeants ainsi que la chef de groupe, nous ont régalés de petites anecdotes sur les collaborations avec la marque Burberry notamment, l’une des marques phares de la société. La projection de films de publicité comme pour Van Cleef&Arpels et Burberry Sport ou le making off de la pub de Paul Smith, ont permis une meilleure immersion dans l’univers d’Interparfums.

Personnellement, j’ai surtout aimé l’attitude des dirigeants, faisant preuve d’humour et de sincérité. Ne cachant ni leurs échecs ni leurs déceptions. Comme l’histoire de la marque de soin pour homme Nickel qui visiblement est un fiasco pour l’entreprise ou les parfums Christian Lacroix qui n’ont pas remplis les objectifs et attentes de l’Interparfums.

La présentation commercialo-marketing destinée aux financiers pouvait avoir un côté quelque peu trop lisse qui a été relevé grâce aux commentaires un peu plus personnalisés de Philippe Benacin et Jean Madar.

Par ailleurs, j’avoue avoir surtout été contente que les nouveaux projets de l’entreprise nous soient brièvement dévoilés. Certes, il ne s’agit pas de secrets d’Etat ni d’avant-première, mais il n’empêche que ces informations ne sont pas encore largement diffusées.

Ainsi peut-on nommer le lancement d’un nouveau parfum de Van Cleef&Arpels: Oriens, toujours dans l’optique de repositionnement haut de gamme de la marque qui avait perdu un peu de prestige au fil des années. Le parfum Féérie avait initié le mouvement en reprenant les codes ancestraux de la marque de joaillerie grâce notamment à son flacon lourd et sophistiqué, digne d’un bijou de luxe. Oriens est lui aussi un jus habillé de lumière et d’éclats. Le flacon en forme de boule surmontée d’une pierre précieuse renoue avec la tradition joaillère de la marque. Le flacon fait d’ailleurs référence à une bague en tourmaline d’une collection de bijoux de Van Cleef &Arpels. L’esthétique visuel rappelant un pays d’Asie (un paysage baigné dans la chaude lumière du coucher de soleil avec en arrière-plan une pagode) contribue à créer cette impression d’excellence, d’intemporalité et de luxe. J’ai hâte de découvrir ce parfum qui ne sortira à priori qu’au deuxième semestre 2010.

Parmi les nouveautés, on trouvera aussi une ligne de maquillage Burberry. Interparfums est positionné sur le secteur parfums mais il a semblé cohérent à la société et à Burberry de se lancer dans le segment du maquillage. La marque Burberry se dit haute en couleurs et se voit donc des affinités avec le domaine du maquillage qui en joue à chaque saison. Cette ligne sortira également fin 2010/début 2011.

Il ne faut surtout pas oublier le lancement d’un parfum Jimmy Choo! En effet, la société à décidé de collaborer avec le créateur de chaussures de luxe très en vogue aux Etats-Unis (et même chez nous!). Pour gagner en visibilité et accroître la diffusion de la marque, Jimmy Choo a voulu se différencier en investissant le marché du parfum. Bien sûr le parfum devra être à l’image de la marque: mode, très show-off et bling-bling.

Bien qu’Interparfums travaille surtout sur le mode de licences, la société détient quelques marques en propre dont Nickel. Si les parfums créés et fabriqués par l’entreprise sont principalement destinés au mass-market de luxe (le « mass-tige ») et doivent donc répondre à des critères très précis, Philippe Benassin se défend d’avoir recours aux tests consommateurs et aux groupes d’évaluation. J’avoue être surprise par cette affirmation, car il est extrêmement rare que les groupes de parfum distribuant des parfums de grande consommation même de luxe n’ait recours à ce genre de techniques permettant de garantir leurs arrières, réduire les risques et multiplier les bénéfices. En même temps, la société veille à avoir une croissance stable et constante mais non exponentielle et préfère éviter les lancements à tout va, quitte à faire moins de bénéfices mais garantir la qualité de ses produits et la pérénnité de l’entreprise.

En conclusion, il a été intéressant pour moi d’assister à cette conférence, qui avait pour moi parfois des allures de cours de marketing me rappelant mon temps sur les bancs de la fac (ah la nostalgie!), mais présentait tout de même un caractère nouveau grâce à l’apport de quelques annecdotes sur la vie des marques et la présentation des lancements à venir.

Pour aller découvrir le groupe: http://www.inter-parfums.fr/actualites.php

Source photo: burberry

Publicités

Permalien 2 commentaires

Quelle pédagogie pour le parfum?

16 février 2010 at 12:53 (Parfum et Musique) (, , , , , , , , , , , , , , , )

Chose promise, chose due! Voici mon « rapport » de la dernière conférence orchestrée par Marie-Anouch Sarkissian à la Sorbonne lundi 01 février!

« Quelle pédagogie pour le parfum? » est la conférence clôturant avec brio le cycle Parfum et Musique initié en juin 2009. J’espère d’ailleurs que Marie-Anouch poursuivra ses recherches et nous fera à nouveau part de ses réflexions prochainement!

J’ai beaucoup apprécié cette conférence car son approche à la fois universitaire et « entrepreneurial » nous a permis d’appréhender le thème Arts et Parfum sous différentes facettes. Marie-Anouch a eu l’excellente idée d’inviter Madame Barbara Le Portz, Directrice Générale de Fragrance Intelligence. A travers son intervention, Mme Le Portz a souligné l’importance capitale des échanges fréquents entre artistes et parfumeurs et de leur influence bénéfique sur le travail des uns et des autres.

Les rencontres qu’elle organise régulièrement favorisent le rapprochement entre peintres, sculpteurs, musiciens et parfumeurs. Mme Le Portz encourage les artistes à étendre leur champ de création en allant à la découverte d’autres disciplines artistiques. Les rencontres entre peintres, sculpteurs, musiciens, et écrivains existent déjà depuis longtemps mais les parfumeurs y étaient plus ou moins exclus car le parfum a longtemps été considéré comme un art mineur voire une activité industrielle tout simplement. Mme Le Portz a contribué à restituer le statut du parfumeur en initiant des projets rassemblant artistes et parfumeurs.

Ainsi a-t-elle notamment eu l’idée de demander à des parfumeurs de créer librement des compositions olfactives en s’inspirant d’une oeuvre d’art. Une expérience particulièrement forte a été la création de parfums à partir de sculptures de l’artiste Claudine Drai. Nous avons eu le plaisir de pouvoir découvrir des parfums comme « Spinale » et « Présence ». J’ai personnellement été frappée par ces deux créations et la force olfactive qu’elles en dégageaient. J’aurais aimé pouvoir confronter directement sculpture et parfum pour essayer de percevoir ce que le parfumeur a ressenti en créant le parfum inspiré de l’oeuvre d’art. Mais même en absolu, le parfum « Spinale » par exemple a quelque chose de captivant. Je me suis surprise à vouloir humer le parfum en continu, à l’aspirer en moi, à me l’approprier complètement. C’est un parfum très frais et métallique à la fois. En le sentant, il me semble inspirer l’essence vitale. Spinale, la colonne vertébrale, ce qui soutient notre corps et la vie en lui? C’est effectivement ce que je ressens.

J’aimerais beaucoup pouvoir assister à ce genre d’expériences et de rencontres inter-artistiques. C’est hautement fascinant et stimulant!

Mme Le Portz nous a également fait part d’une expérience faite avec Claudine Drai autour du parfum Flower By Kenzo. L’idée était de sentir le parfum et d’écrire tout ce à quoi il vous faisait penser et vous inspirait. Mme Le Portz et Mme Drai ont séparément noté leurs impressions et les ont comparé par la suite. Si le choix des mots et le style d’écriture varient, les sensations, les images et les émotions évoquées se ressemblent beaucoup. Le parfum Flower leur inspire la fraicheur, l’innocence, la pureté d’un côté, et la sensualité, la féminité, l’érotisme de l’autre côté. Un parfum de peau. Un parfum intime et intimiste. Un parfum cocoon, un parfum d’essence de vie… Il était intéressant de pouvoir retracer ces impressions émanant de deux femmes différentes. La lecture de leurs textes nous plonge dans l’univers du parfum et de ses évocations. Depuis cette rencontre, je perçois le parfum Flower complètement différemment. Il est vrai que je n’ai jamais fait que le sentir rapidement, je ne suis jamais allée à sa découverte comme l’ont pu faire Mme Drai et Mme Le Portz.

Il serait d’ailleurs intéressant de donner ce genre d’exercice à faire à son entourage, passionné de parfum ou non, et de récolter leurs impressions et analyses.

Je ne vous citerai pas tous les exemples de rencontres inter-artistiques donnés par Mme Le Portz, mais la confrontation entre Sculpture et Parfum, Musique et Parfum et Peinture et Parfum qu’elle a provoquée, est intriguante et passionnante à la fois. Ce sont ces rencontres qui nous inspirent le plus. J’aime bien comparer ces rencontres inter-artistiques avec les rencontres inter-culturelles. Ceux qui me connaissent savent mon intérêt pour les cultures étrangères et ma passion des voyages. Je n’ai jamais été aussi inspirée que lorsque j’ai fait la connaissance de personnes issues d’une autre culture que la mienne. Les rencontres et les voyages ont façonné mon esprit et ma personnalité. La diversité culturelle m’a incroyablement enrichie. A tel point d’ailleurs, que le manque de cette confrontation avec l’autre, l’inconnu et l’étranger, provoque en moi un vide.

Pour revenir à la conférence, après que Barbara Le Portz nous ait détaillé ces merveilleuses expériences, Marie-Anouch Sarkissian a repris le relais pour nous faire part de son analyse portant sur la comparaison entre langage du parfum et langage des arts. Elle nous a exposé différentes théories prouvant ou contredisant la similitude entre vocabulaire parfumé et musical par exemple. Certains exemples ayant été évoqués lors de ses précédentes conférences (Septimus Piesse et son traité sur « L’art oublié du parfum », Edmond Roudnistka dans « Esthétique de l’Odorat » etc), je ne m’étendrai pas sur ce sujet. Je souhaite toutefois vous parler du concert parfumé, autre sujet abordé lors de cette conférence.

Marie-Anouch nous a cité un extrait du livre d’Aldous Huxley « Le meilleur du monde » évoquant un concert parfumé imaginaire. Je vous fait part ici de l’extrait en question:

« L’orgue à parfums jouait un Capriccio des Herbes délicieusement frais, des arpèges cascadants de thym et de lavande, de romarin, de basilic, de myrte, d’estragon ; une série de modulations audacieuses passant par tous les tons d’épices, jusque dans l’ambre gris ; et une lente marche inverse, par le bois de santal, le camphre, le cèdre et le foin frais fauché avec des touches subtiles, par moments, de notes discordantes – une bouffée de pâté de rognons, le plus mince soupçon de fumier de porc,  pour revenir aux aromates simples sur lesquels le morceau avait débuté. Le dernier éclat de thym s’estompa ; il y eut un bruit d’applaudissements ; les lumières se rallumèrent. »

Marie-Anouch utilise cet extrait pour illustrer la similitude entre langage musical et langage parfumé.

Par ailleurs, pour illustrer le concept de concert parfumé, Mlle Sarkissian nous a projeté l’enregistrement d’un concert parfumé de 1989 orchestré par Martin Gras, compositeur de parfum et Louis Dunoyer de Ségonzac, compositeur de musique.

En conclusion, Marie-Anouch a voulu, à travers cette conférence dédiée à la pédagogie des parfums, nous convaincre de l’utilité voire de la nécessité d’introduire l’apprentissage de disciplines artistiques, ou du moins de leur Histoire, dans le programme de formation d’un parfumeur. En effet, elle nous a brillamment exposé à travers de multiples exemples, de l’importance de la confrontation entre les différentes disciplines et des rencontres interartistiques. Grâce à ces interactions entre les différents univers de l’art, les acteurs s’influencent mutuellement, étendent leur champ de connaissance et de culture et par conséquence disposent d’une palette beaucoup plus fournie d’instruments de création.

Sans être artiste, j’ai toujours été convaincue de la nécessité de cet apprentissage inter-disciplinaire et la conférence de Marie-Anouch Sarkissian n’a fait que renforcer cette conviction et cette envie d’aller vers l’autre quel que soit d’ailleurs son domaine d’activité. Tout un chacun peut nous influencer ou nous inspirer à travers ses expériences de vie. L’ouverture du coeur et de l’esprit ne peut qu’engendrer des conséquences positives, que ce soit dans le domaine de l’art, de la culture, ou tout simplement dans les relations inter-personnelles.

Permalien 3 commentaires

Sa Majesté la Rose

14 février 2010 at 12:41 (Découvertes parfumées) (, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , )

Longtemps la rose a-t-elle été délaissée, boudée et même décriée. Jugée trop vieillote, trop poudrée, trop « dadame ». Cette fleur injustement connotée « has been » a enfin et à nouveau le vent en poupe! Les différentes Maisons de parfums la remettent à l’honneur et les jus à base ou créés autour de la rose connaissent un nouvel engouement.

Si j’ai toujours aimé l’odeur de la rose, je n’ai jamais vraiment adopté de parfum où la rose était star. Pourtant la rose, fleur si fragile et puissante à la fois, m’évoque tant de doux souvenirs d’enfance. Les roses sauvages du jardin de mes parents, celles cultivées dans le « parc » de mes grands-parents, les roseraies de Bagatelle… Dès ma plus tendre enfance, j’ai adoré plonger mon nez pourtant délicat dans cette fleur si fraiche et suave à la fois. D’ailleurs certaines confitures de pétales de rose m’évoquent encore aujourd’hui la sensation éprouvée autrefois. Un mélange d’innocence et de sensualité, une odeur légère et vive, un parfum jeune et ancien à la fois…

La rose a beau jouir, malgré elle, d’une réputation de quasi-antiquité, elle peut être extrêmement contemporaine. Saviez-vous que la rose possédait plus de 500 molécules odorantes? Elle peut se faire tour à tour fraîche, verte, fruitée, mieillée, épicée, boisée, citronnée, poudrée… Tout dépend de sa variété, de son origine, du climat dans lequel elle prospère et de l’emploi qu’on en fait.

J’ai à nouveau renoué avec la rose sous forme de parfum, en découvrant Rose Barbare de la collection l’Art et la Matière de Guerlain il y a environ 3 ans. Un parfum dont la beauté et la construction olfactive ne m’ont pas laissée indifférente. Classique et contemporaine à la fois, la rose s’y fait poudrée mais un peu métallique également notamment grâce (ou à cause selon le point de vue) aux aldéhydes tout en restant à l’état quasi-sauvage. Un parfum opulent et léger à la fois. Contrastée et haute en couleur, elle se fait pétillante et douce en même temps. Ses aspects mieillés et musqués ont certainement contribué à me séduire. Si je ne la porte que très rarement, cela est sans doute dû aux notes de patchouli que j’ai toujours du mal à apprivoiser. Et même si elle reste peu poudrée par rapport à certains parfums de rose classiques, elle le semble malgré tout l’être encore trop pour moi. Je la garde donc précieusement au fond d’un tiroir à l’abri de la lumière pour la ressortir de temps à autre quand le besoin d’une bouffée florale s’impose.

En parlant de la rose, j’ai découvert les Parfums de Rosine récemment dont le travail repose justement sur des créations autour de cette reine des fleurs. Les Parfums de Rosine sont un parfait exemple prouvant aux personnes qui ne sont pas à fortiori attirées par la rose, que l’on peut l’aimer et la porter malgré tout. Car si la rose est présente dans tous leurs parfums, elle y est plus ou moins traitée en majeur ou mineur selon les occasions et surtout révèle de nombreuses facettes souvent insoupçonnées. Je vous en reparlerai bientôt notamment en vous faisant découvrir Secrets de Rose, l’un des plus récents parfums de la Maison.

Un autre parfum composé autour de la rose que je souhaite découvrir, est Lipstick Rose des Editions Frédéric Malle. Décrit comme gai et sophistiqué à la fois, ce jus est censé être la représentation de la femme glamour et sophistiquée, se préparant dans son boudoir pour une grande soirée. Comme le nom l’indique, la rose est ici traitée dans son aspect cosmétique notamment avec la « reproduction » de la senteur typique d’un baton de rouge-à-lèvres. J’ai découvert quelques majeures fragrances des Editions de parfums Frédéric Malle il y a quelques semaines, mais j’avais mis Lipstick Rose de côté à l’époque, préférant me consacrer à l’apprivoisement de jus avec lesquels je me sentirais plus facilement en harmonie. Mais ce n’est que partie remise, je partirai à sa recherche olfactive très bientôt.

Dans les créations récentes, on trouve Parisienne d’Yves Saint Laurent. Personnellement, je n’ai pas accroché. Si son nom évoque une femme sensuelle, libre et amoureuse, représentée par la célèbrissime Kate Moss, je n’y ai vu qu’un autre jus créé pour des minettes de 20 ans souhaitant ressembler à leur icône fashion pas si parisienne que cela! J’avoue d’ailleurs trouver quelque peu étrange le choix d’une égérie américaine pour un parfum étant censé être typiquement français et parisien en l’occurence! Un parfum qui se veut chic et sophistiqué, intemporel et moderne à la fois. Pour le côté moderne je veux bien, mais chic? Je ne sais pas.

Il existe des parfums à la rose que j’ai envie de (re-) sentir et (re-) découvrir. Je pense notamment à For Her, de Narciso Rodriguez ou Nahéma de Guerlain. Parmi les anciennes créations, je suis tentée de partir à la recherche de Guerlarose de Guerlain ou Royal White Rose de Lubin (peut-être par l’intermédiaire de l’Osmothèque de Versailles, conservatoire international des parfums).

Et parmi les nouveaux jus récents, Rose Oud by Killian et Rose Wood Blackcurrant de Korrès me font de l’oeil. A voir s’ils sauront captiver mon nez…Par ailleurs, j’ai trouvé assez attirante la nouvelle eau de Dior: Forever and ever. Je l’ai humé il y a quelques semaines à son lancement plus ou moins secret au Sephora des Champs-Elysées. La rose y est traitée dans toute son innocence et sa fraicheur, une rose romantique pour jeunes premières…

Et vous, êtes-vous tombés sous le charme de la rose? Si oui, laquelle susurre le plus tendrement à votre oreille? Y en a t-il une qui vous chamboulle les sens? Vous fait frémir ou frétiller le nez? Ou pensez-vous toujours qu’elle est réservée à votre grand-mère? Faites-moi part de vos impressions!

Permalien 6 commentaires

Le goût des parfums

31 janvier 2010 at 2:09 (Voyages olfactifs) (, , , , )

Ces derniers temps, mon compagnon me suit partout, surtout lors de mes voyages souterrains à travers la ville. Il faut dire qu’il est petit, compact et donc facile à emporter avec moi. L’avoir à mes côtés, c’est chasser les ombres, faire fuir les indésirables, occulter les bruits désagréables et les odeurs nauséabondes… Grâce à lui, j’ai l’impression de pouvoir capturer la lumière, voyager à travers le temps et l’espace, respirer tour à tour l’air pur et sain et des senteurs les plus fascinantes et intriguantes les unes que les autres…

Mais quel est donc ce merveilleux outil aux pouvoirs magiques me direz-vous? Un petit livre, un recueil de textes et de poèmes tout simplement. « Le goût des parfums » (éditions Mercure de France) comme l’indique le titre, traite du parfum sous toutes ses facettes: langage de séduction, empreinte de souvenirs, voyages gustatifs…

Tous les jours, je lis un petit texte ou poème et à chaque fois je m’évade du quotidien pour rejoindre le monde imaginé ou vécu d’un écrivain ou poète. Le parfum est ici une fenêtre qui nous permet non seulement d’entrevoir le divin mais aussi le moi intérieur de chacun. Il privilégie l’évocation, exhortant le travail de la mémoire… Grâce au pouvoir olfactif, des pans entiers de notre histoire ressurgissent. Notre passé revit soudainement en technicolor!

C’est pourquoi lire ces extraits de romans, d’essais ou de poèmes, nous facilitent l’immersion dans l’univers de leur auteur. La description si minutieuse et détaillée des sensations vécues, le contexte haut en couleurs, nous téléportent d’un coup de baguette magique vers cet épisode de découverte olfactive.

Je souhaite vous faire partager cette aventure, vous transmettre quelques-unes des émotions ressenties et des réflexions engendrées par ces oeuvres.

Voici un extrait qui m’a particulièrement touchée:

Extrait de « L’aristocratie du nez » d’Amélie Nothomb:

L’odorat a ceci de merveilleux qu’il n’implique aucune possession. On peut être poignardé de plaisir, dans la rue, par un parfum porté par une personne non identifiée. C’est le sens idéal, autrement efficace que l’oreille toujours bouchée, autrement discret que l’oeil qui a des manières de propriétaire, autrement subtil que le goût qui ne jouit que s’il y a consommation.

Si nous vivions à ses ordres, le nez ferait de nous des aristocrates.

Ce texte a causé une résonance particulière en moi. L’odorat a longtemps été un sens dénigré car il nous rappelait nos origines primitives. Pourtant c’est le sens le plus direct et discret à la fois, le sens qui nous permet d’appréhender le monde différemment, avec plus de finesse ou plus de « brutalité » (sans détour aucun), le sens qui nous échappe le plus (difficile de contrôler ce qu’on sent dans la rue)… Le sens olfactif est un sens noble et hautement intéressant à mes yeux (!), car il permet un contact direct et sans fioriture avec le monde qui nous entoure. Il nous relie directement à nos émotions et nos souvenirs. Certes là aussi, la réalité peut-être tronquée car subjective, mais notre perception nous renvoie une image exacte et particulièrement vivante du souvenir enregistré à l’époque en même temps que l’odeur ressentie.

La suavité du parfum nous laisse rarement insensible. A travers la lente inspiration des effluves, nous renouons avec des êtres aimés disparus, nous remontons le temps et l’espace. Ou alors au contraire, nous construisons notre futur avec une simple bouffée odorante. Qui n’a jamais été aspiré dans une histoire d’amour par simple attraction olfactive?

Source photo et extrait:  Editions Mercure de France: Le goût des parfums

Permalien Laisser un commentaire

L’Heure Bleue: un parfum impressionniste?

26 janvier 2010 at 9:39 (Parfum et Musique) (, , , , , , , , )

Telle est la question posée par la musicologue Marie-Anouch Sarkissian lors de la conférence « A l’écoute du parfum » ayant eu lieu hier soir à la Sorbonne. La conférence avait comme trame l’étude de l’hypothèse suivante: Le parfum L’Heure Bleue peut-il être mis en rapport avec d’autres branches de l’art tels que la musique ou la peinture impressionniste?

Marie-Anouch a eu l’ingénieuse idée et initiative de vouloir comparer ce parfum créé par Jacques Guerlain en 1912, et la musique composée par Claude Debussy à la même époque ainsi que des tableaux impressionistes peints par Claude Monet et Vincent Van Gogh.

Afin de faciliter la compréhension de la problématique, il est sans doute nécessaire de rappeler ici la définition du terme « impressionnisme ». Le Grand Larousse Encyclopédique, donne la définition suivante: « L’impressionisme est une forme d’art qui se donne pour objet l’évocation directe des impressions fugitives ou durables éprouvées par l’artiste créateur ».

Tout au long de cette conférence d’une durée d’une heure environ, la musicologue a essayé de nous démontrer que le parfum L’Heure Bleue correspondait bien aux critères énoncés « indispensables » pour être classifié d’oeuvre impressionniste. Nous avons pu sentir le parfum sur une mouillette (nommé joliment le papier à rêves par Marie-Anouch), et pendant son évolution, nous avons goûté à ses talents musicaux exercés au piano en compagnie de Nicolas Papin, guitariste.

En ouverture, Marie-Anouch a joué le prélude de Debussy « Les Sons et Parfums tournent dans l’air du Soir… » composé et inspiré par le poème de Charles Baudelaire « Harmonie du Soir »…

Le but de la manoeuvre était de nous faire comprendre que l’ambiance traduite en musique se reflétait parfaitement dans la composition du parfum L’Heure Bleue.

Le parfum de Guerlain comme la musique de Debussy font référence à une certaine heure entre la journée et la nuit, L’Heure Bleue. L’Heure Bleue, l’heure suspendue, la transition entre l’obscurité et la lumière… Le parfum raconte le souvenir d’une promenade au bord de la Seine un soir d’été 1911… Jacques Guerlain nous décrit poétiquement la scène comme suit:

 » Le soleil s’est couché, la nuit pourtant n’est pas encore tombée. C’est l’heure suspendue, l’heure où tout est silencieux, l’heure où l’homme se retrouve en harmonie avec le monde et la lumière. Dans cette lumière d’un bleu profond, tout, le tremblement de l’air, les feuillages qui frémissent, les ondulations presque invisibles de l’eau, se concentre afin d’exprimer un amour, une tendresse infinie. »

Comme la peinture impressionniste de Van Gogh ou Monet ou la musique de Debussy nous transportent dans un état second, entre éveil et sommeil, à la frontière du rêve et de l’irréel, du surnaturel même, la composition parfumée de Guerlain provoque en nous un état d’esprit contemplatif et méditatif, ouvert sur la nature et les « mystères cachés au-delà du réel et de notre conscience » comme le dit si bien Michel Fleury.

La vision et l’étude de tableaux comme « Soleil Couchant sur la Seine à Lavacourt » de Monet ou « La Nuit étoilée » de Van Gogh, nous font prendre conscience de la minceur du voile qui sépare le ciel et la terre, le naturel et surnaturel, l’humain et le divin. Les jeux de lumière diffuse, le tracé flou des contours, les couleurs brouillées… tout contribue à évoquer en nous ce sentiment profond d’apaisement et d’allégresse en même temps, ces émotions à fleur de peau… Comme si nous ne faisions plus qu’un avec la nature…

Comme les volutes fumées du parfum (per fumum: par la fumée) étaient destinées dans l’Antiquité à créer un lien entre l’homme et les dieux, la musique et la peinture à travers leurs jeux d’ombres et de lumière, leurs tonalités disparates et interrompues tout en restant mélodieuses, nous rapprochent de l’état divin.

Van Gogh disait avoir un « besoin pénible de religion » et expliquait ainsi son désir de « sortir la nuit pour peindre les étoiles ». Car « lorsque tout bruit cesse, que tout est mortellement calme, la voix de Dieu se fait entendre sous les étoiles »

Claude Monet quant à lui évoque aussi son trouble et son émotion devant ce spectacle saisissant de la nature.  » Je me suis fait une religion de la mystérieuse nature. (…) Devant un ciel mouvant, en contemplant, de longues heures, ses beautés magnifiques et incessamment renouvellées, une incomparable émotion m’étreint »…

Pourquoi enfin admettre que L’Heure Bleue est une oeuvre d’art? Selon Edmond Roudnitska, l’un des plus grands nez de son temps,  « L’art est ce qui émeut. Par les tripes ou par le cerveau, par les deux si possible. Est artiste aussi bien celui qui vibre à ce qu’il fait, que celui qui frisonne à ce qu’il regarde, écoute ou sent ».

L’Heure Bleue est un parfum qui émeut profondément au même titre qu’un tableau de Monet ou qu’une musique de Debussy. Je ne pourrais vous relater la totalité de la conférence, tel n’est pas le but de l’exercice. Je vous conseille pour poursuivre de lire le fabuleux poème de Federico Garcia Lorca extrait des « Impressions et paysages: Grenade » Ombres et Sons qui d’ailleurs a été merveilleusement mis en musique par Nicolas Papin à la guitare lors de cette conférence. Conférence qui a à la fois suscité en moi la réflexion, un état entre méditation et contemplation et une émotion profonde trouvant écho dans mon coeur et mes tripes.

J’ai toujours été particulièrement touchée par les tableaux de Monet et la musique de Debussy entre autres. Quand je recherchais l’apaisement et la réjouissance des sens, j’aimais faire un tour au Musée d’Orsay. Je pouvais rester des heures devant un tableau de Monet à me laisser aspirer par le tableau, presque fusionner avec lui. L’ambiance et l’atmosphère évoquées me fascinaient et m’émouvaient au plus profond de mon être. Tout comme la musique de Debussy, jouée par ma mère au piano quand j’étais enfant. Lorsque je l’entendais répéter, je me glissais dans sa chambre pour écouter silencieusement. Je ne restais jamais de marbre. C’était comme si la musique m’appelait, comme si elle m’était tout particulièrement destinée, comme si elle savait qui j’étais et ce que je ressentais au plus profond de moi.

Que ce soit la littérature, la musique ou la peinture, ces disciplines artistiques ont toujours trouvé écho en moi. Le parfum a donc été la suite logique. Quand je me parfume ou découvre un nouveau parfum, je recherche à la fois le plaisir et l’exaltation des sens et la stimulation de la réflexion philosophique. La philosophie et la musique font partie de mon héritage parental, l’écriture et le parfum constituent un apport personnel. Tous, je l’espère sont parties intégrantes de mon présent et futur.

Je remercie de tout coeur Marie-Anouch d’avoir pu renouer avec mon passé musicalo-artistique en faisant le lien avec ma passion actuelle quasi-obsessionnelle: le parfum.

J’ai rédigé cet article en écoutant Debussy bien sûr accompagnée de la réminiscence olfactive de L’Heure Bleue. L’Heure Bleue un parfum de crépuscule, aussi révolutionnaire à son époque que l’étaient la peinture ou la musique impressionniste. Un parfum de calme avant la tempête. Un parfum floral-oriental alliant matières naturelles nobles et molécules synthétiques originales. Un parfum tendre fait de douceur, de réconfort et de calme. Un parfum qui nous enveloppe comme un manteau chaud et douillet. Un parfum de nostalgie, de doux souvenirs, d’un passé heureux qui semble nous protéger d’un futur indécis et lointain…Un parfum qui cultive le mystère… Vous ai-je dit que ma mère portait ce parfum?

Permalien 2 commentaires

Si la fève tonka m’était contée…

23 janvier 2010 at 1:07 (Découvertes parfumées) (, , , , , , )

… elle s’appelerait Tonka Impériale.

Je voulais vous en parler il y a des mois… puis j’ai oublié. Comment excuser l’inexcusable? Tout simplement par cette justification: je ne l’ai pas encore senti. Pourquoi vous en parler maintenant alors? Là encore la réponse est simple: il le faut! C’est impératif! Je ne peux plus faire de rétention d’information! Soyons justes et honorons ceux qui ont fait figure d’effet déclencheur! La lecture de divers blogs parfumés m’ayant inspirée et provoquée cette profonde envie de vous en dire plus… en aveugle. Oui je me jète sans filet dans le vide puisque je vous parle d’un parfum que je n’ai pas encore senti! Le comble me direz-vous!

Mais la fin justifie, pour cette fois, les moyens! Vous donner l’envie de le découvrir… peut-être même avant moi! Oh je sens la jalousie monter en moi! Oui, je veux le sentir, le sentir tout de suite! Ne me prenez pas de vitesse, ne me gâchez pas le plaisir de l’inédit. Inédit s’il y a puisque certains amateurs de parfums ont déjà eu le privilège de sentir cette nouvelle fragrance. Leur talent poétique, l’intensité des émotions décrites m’ont mise dans un sacré état. Mon nez a frétillé d’excitation anticipée, mon coeur a battu la chamade, tout ça par simple évocation olfactive virtuelle… Quel pouvoir peuvent avoir les mots!

Mais venons-en aux faits! Tonka Impériale est le nouveau parfum de la série exclusive de l’Art et la Matière de Guerlain. L’une de mes conseillères préférées m’en avait parlé en douce l’automne dernier. En me précisant toutefois que sa sortie n’était pas prévue avant fin janvier/début février. Tout feu tout flamme, elle m’a donné quelques précisions que voici.

Il s’agit d’un parfum dans la tradition de Guerlain, reprenant l’un des composants essentiels de la Guerlinade: la fameuse fève tonka. Jamais auparavant la fève tonka avait été traitée en soliflore et enfin la Maison la met à l’honneur! Vous qui aimez, comme moi, les parfums chauds et sensuels (Spiritueuse Double Vanille, Cuir Beluga….), vous allez certainement aimer Tonka Impériale. Elle m’a mise en appétit en évoquant l’appartenance à ce groupe de parfums tout en le distinguant et m’expliquant qu’il était ambigüe et pouvait tout à fait être porté et par la femme et par l’homme. Malgré un matraquage marketing et médiatique qui n’a pas été sans influence sur moi pendant des années, je l’avoue, j’ai beau faire la distinction entre parfums plutôt féminins et plutôt masculins, certaines notes traditionnellement réservées à la gent masculine m’ont profondément séduite. Je pense au basilic et à la lavande par ex. Notes aromatiques que j’affectionne particulièrement. Le basilic pour sa note épicée et anisée et la lavande pour son côté floral, herbacé et fruité boisé à la fois.

Donc si le parfum s’affiche ambigüe, cela m’intrigue encore plus. Le romarin, un aromatique herbacé et camphré, réservé habituellement à la parfumerie masculine semble ici traité avec plus de fraicheur sans son côté âcre si l’on en croit le verdict de certains amateurs.

Mais reparlons de la matière première traitée en priorité: la fève tonka. Connaissez-vous son origine? J’emprunte les mots du site Osmoz.fr qui résume très bien l’histoire, l’origine et l’utilisation de la fève tonka. Voici les extraits: L’arbre produisant la fève tonka est originaire du Venezuela, de la Guyane et du Brésil. La graine est récoltée, séchée, trempée dans l’alcool (rhum) de douze à vingt-quatre heures, séchée à nouveau; elle développe en surface des cristaux de coumarine. Les graines sont réduites en poudre puis extraites aux solvants pour l’obtention de la concrète, puis de l’absolue. Donne un très bel effet naturel doux dans les notes fougères, ambrées, orientales.

Par ailleurs, la fève tonka est également utilisé en cuisine. Elle peut être utilisée en infusion mais aussi râpée comme la noix de muscade pour relever purées, viandes ou aromatiser des desserts comme la panna cotta. Mais attention à l’overdose! Elle peut être toxique!

Certains comparent Tonka Impériale à une pâtisserie fine que l’on dégusterait avec délectation. Les détracteurs de Spiritueuse Double Vanille de la même Maison qui critiquaient son côté über-gourmand et liquoreux, se réconcilient avec Guerlain grâce à cette nouvelle fragrance exclusive.

En addict Guerlain qui se respecte, je vous ferai part de mes impressions dès que j’aurai eu l’occasion de tester cette nouvelle eau de parfum. Vous imaginez mon impatience!

(article rédigé par mes soins sur un autre support Web)

Permalien 6 commentaires

Les bulles parfumées de Kurkdjian

23 janvier 2010 at 12:56 (Découvertes parfumées) (, , , , )

Voici encore un article publié sur un autre support. Je viens de rédiger cet article il y a quelques jours à peine.

Il y a quelque temps, j’étais allée « visiter » la nouvelle boutique de Francis Kurkdjian, rue d’Alger, dans le 1er arrondissement de Paris. La boutique, décorée des tons gris, zinc et or dans un style minimaliste, est exigüe et 4 personnes suffisent pour la remplir. Du monde étant déjà présent, je ne me suis point attardée. J’ai donc repoussé ma découverte des produits de la Maison à un jour où je passais au Bon Marché, car Kurkdjian (la marque non la personne) y tient un stand.

Parmi les produits qui m’ont le plus interpellée, il y a avait sans conteste les Bulles d’Agathe: des bulles parfumées en trois variantes: Poire, Menthe Froide et Herbe Coupée. Je trouvais cette idée simple et ingénieuse à la fois, ludique et sophistiquée en même temps. Ces bulles parfumées sont censées initier les enfants au monde du parfum en éveillant leur intérêt par ce petit jeu de souffler des bulles parfumées. Je me rappelle m’être amusée à souffler ces mêmes bulles en version plus économique à l’aide de savon dilué ou tout simplement de produits de vaisselle. Même sans fragrance élégante, ce petit jeu était fort plaisant et intriguant à la fois. Je m’émerveillais à chaque fois de pouvoir produire de parfaites bulles rondes et admirais leur montée vers le ciel. Ce geste ludique avait pour moi une signification fort poétique. J’y voyais un voyage d’une autre sorte. Je m’imaginais suivre les bulles et découvrir le monde à travers leur prisme…

J’avoue avoir été fortement tentée d’acquérir les bulles version Kurkdjian pour moi-même pour retrouver ce plaisir innocent et insouciant, si léger et futile en apparence mais si fertile en profondeur, tout en pouvant jouir de senteurs plus travaillées qu’à l’époque de mon enfance. Le prix m’a tout de même freinée. 12 Euros la petite bouteille, ce n’est pas donné vu la simplicité du produit.

En parlant de bulles parfumées, je me prends à songer aux Grandes Eaux Nocturnes de Versailles. Avez-vous déjà eu la chance d’y aller? Il y a environ deux ans, un soir d’été, mon fiancé et moi avions décidé de nous offrir ce petit intermède sensoriel. Si la foule nous a un peu gâché le plaisir (cet évènement est très couru!), nous avons tout de même pris beaucoup de plaisir à déambuler de bosquet en jardin et à découvrir les mises-en-scène artistiques, l’une plus originale que l’autre. Tous nos sens étaient sollicités. La vue par des effets de lumière (spectacle laser notamment), l’ouië par des compositions musicales diverses, l’odorat par la diffusion de fragrances particulières au-dessus de certains points d’eau… D’ailleurs l’orchestration olfactive était gérée en partie par Kurkdjian à l’époque, notammant avec une mise-en-scène de bulles parfumées s’élévant au-dessus d’un petite fontaine. Si vous n’avez pas encore eu l’occasion d’aller à Versailles profitez de l’été pour y aller. Réservez la journée pour visiter le château et le soir promenez-vous dans les jardins et laissez vous émerveiller par le spectacle multi-sensoriel….

Pour revenir à Kurkdjian, parmi les curiosités qui m’ont attirée, figure aussi le bracelet parfumé et les soins du linge. Tour Atour est un bracelet en cuir parfumé. Il s’agit en fait d’un lien en cuir relié par un fermoir en argent gravé de l’emblème de la Maison. Le bracelet existe en 3 fragrances. Cet accessoire est un petit clin d’oeil aux origines du métier de parfumeur, qui était aussi gantier à l’époque… Jolie symbolique, mais là encore c’est le prix qui effraie. 140 Euros le lien en cuir! Quant au fameux soin du linge, il s’agit de l’Aqua Universalis destinée à des usages multiples dont celui de parfumer son linge de maison! Il s’agit en quelque sorte d’un assouplissant premium (1litre -28 Euros, ce qui correspond à 20 lavages environ)!

Ah dernier produit qui mérite d’être évoqué: le papier d’Arménie. Kurkdjian a remis le papier parfumé à l’honneur. La ligne Papier Encens existe en 3 variantes parfumées (18 Euros les 20 lamelles).

Vous avez certainement compris que j’appréciais la Maison et son offre de produits originale mais que je trouve les prix excessifs. Je risque donc de passer à côté de petites histoires parfumées intéressantes uniquement à cause de cet obstacle de prix!

Je vous laisse le soin d’aller plus loin dans la découverte de la Maison Francis Kurkdjian… Si vous le souhaitez, vous pouvez faire un petit voyage virtuel en suivant ce lien: http://www.franciskurkdjian.com/fr/index.php

Permalien 2 commentaires

Ambre fétiche la bien nommée

23 janvier 2010 at 12:23 (Découvertes parfumées) (, , , , , )

Il s’agit d’un extrait d’un de mes récents articles écrits sur d’autres supports virtuels.

Parlons justement des collections parfumées de la marque. Celles qui me connaissent bien savent mon « amour » pour la collection des soins Splendide dont je possède d’ailleurs presque tous les produits de la gamme! En revanche, ma connaissance des parfums Goutal reste assez superficielle. La lecture de textes sur la marque ainsi que la conférence à laquelle j’avais assisté en novembre ont bien sûr apporté un éclairage supplémentaire, mais je reste tout de même novice en la matière.

Si j’apprécie notamment la fragrance « L’Eau d’Hadrien » et ai eu un coup de foudre pour « Un Matin d’Orage », je viens de découvrir un parfum de la collection Les Orientalistes. Je parle d’Ambre fétiche, la bien nommée! J’ai eu le plaisir de recevoir une miniature en cadeau et viens de passer une journée accompagnée de la fragrance. Quelle bonne surprise! Moi qui craignait que le sillage soit trop puissant et la fragrance trop opulente en débouchant le flacon, j’ai complètement changé d’avis après l’avoir apprivoisée! Son côté mystique me charme, son effluve sensuelle et douce à la fois m’ensorcelle!

Certes, au départ, le jus effraie quelque peu. Très sec et âcre, et même camphré, il semble développer des aspects très masculins. Dans l’immédiat, j’avoue ne pas avoir imaginé une seconde de pouvoir le porter. Je trouvais la fragrance intéressante mais importable pour moi. Mais il a suffi que je le vaporise sur ma peau, pour être transformée!

Le styrax monte à la surface de manière assez soudaine et me transporte immédiatement vers les temples de l’Orient. L’encens, essence chérie, s’immisce dans mes souvenirs grâce à ses volutes fumées… Je rêve de mes voyages passés.

Puis la note ambrée fait progessivement son apparition. Le parfum s’adoucit, devient plus sucré, et m’enveloppe de sa chaleur sensuelle. Comme de coutume, la vanille se développe particulièrement bien sur ma peau et me donne une impression de réconfort…

Mon rejet initial s’est transformé en addiction! J’ai porté le parfum toute la journée hier et ai même ressenti le besoin de me parfumer à nouveau avant de me coucher. La fragrance ne fait qu’un avec ma peau, on dirait même qu’elle exalte les saveurs naturelles de la dernière tout en y apportant un aspect plus corsé, fumé et minéral.

Ambre fétiche porte particulièrement bien son nom, essence divine, essence charnelle, essence addictive… L’effluve est voluptueuse et envoûtante, douce et sensuelle, élégante et racée. Un parfum de séduction, un parfum de peau, un parfum de caractère dont l’empreinte reste longtemps dans nos esprits et nos souvenirs.


Permalien 7 commentaires

La concrétisation virtuelle d’une passion olfactive

23 janvier 2010 at 11:54 (Présentation)

Ca y est, c’est décidé, je me lance dans l’aventure de l’écriture parfumée virtuelle. Je compte sur votre indulgence, n’étant que novice dans la matière… ou plutôt les matières devrais-je dire. J’ai longtemps résisté aux sirènes du Web, mais j’ai fini par me prendre au jeu moi aussi.

Je destine ce blog à mes « envolées lyriques parfumées ». Guidée par ma seule passion et mon enthousiasme à toute épreuve, je tente depuis peu de décrypter le langage énigmatique et complexe des parfums (le début de mon histoire d’amour avec les parfums est cependant bien antérieur à cette époque). Je me laisse souvent mener par le bout de mon nez… ma curiosité et mon amour des découvertes olfactives imprévues font le reste…

Vos conseils et commentaires sont les bienvenus.

Permalien Laisser un commentaire

« Previous page