Les Rives de la Beauté

12 août 2010 at 11:24 (Evènements autour du parfum) (, , , , , , , , , )

La beauté futile? Loin de là! Utile/futile, légère/profonde, cachée/visible, locale/internationale, culturelle, cultuelle, artistique… La beauté est tout cela à la fois… et bien plus!

Si preuve il faut, l’évènement Les Rives de la Beauté constitue un témoignage important démontrant les différentes facettes de la beauté en nous dévoilant ses multiples visages… Parce que je m’intéresse à la beauté au-delà de ses apparences, je multiplie les initiatives me permettant de la découvrir sous différents angles. La première édition des Rives de la Beauté qui a eu lieu en septembre 2009, a pour moi été l’occasion idéale pour multiplier les expériences esthétiques, culturelles, ludiques et sensorielles liées à ce domaine tant convoité!

Si l’automne dernier, l’évènement a connu un beau succès, j’en ai certainement été l’une des visiteuses et participantes les plus assidues et enthousiastes! Vous vous rappelez peut-être mes mini-reportages (sur un autre blog) sur les différents ateliers, salons et conférences auxquels j’ai assistés! Cet évènement est une belle opportunité pour tous les protagonistes de la beauté de faire preuve de créativité et d’explorer de nouvelles perspectives inédites!

C’est donc avec une certaine impatience que j’attends la deuxième édition des Rives qui aura lieu du 15 au 19 septembre 2010 à Paris.
Ce que je peux vous dire dès à présent, c’est que le programme est plus qu’alléchant! Oui, je suis fière de le dire, j’ai connaissance de certains éléments… avant les autres! C’est ça quand on est une supportrice fervente! 😉

Pour vous donner un aperçu exclusif , voici ce qui nous attend de beau:

– des ateliers multisensoriels autour du parfum, du maquillage et de soins… et des saveurs…
– des expositions mêlant différents univers artistiques liés au domaine de la beauté grâce à des expériences inédites. De beaux mariages entre le design et le parfum par exemple (cf. mon article du 20 juillet 2010)
des rencontres et débats avec des parfumeurs qui se plieront à vos questions le temps d’une après-midi
des concepts innovants développés particulièrement pour l’évènement par des marques de niche (chut, c’est secret pour l’instant)
des ballades parfumées à travers la cité parisienne
des présentations de tendances beauté par des cabinets professionnels

etc.etc.

J’ai d’ores et déjà réservé ces 4 jours exclusivement à la découverte des Rives de la Beauté. Eh oui, il y a tellement de choses à faire, je ne voudrais en rater le minimum possible! A vos agendas! Bookez, bookez! Dès que j’ai de plus amples news, je vous en ferai part bien sûr, histoire de vous permettre de vous inscrire le plus vite possible aux différents évènements car les places seront limitées!

Source photo: Les Rives de la Beauté

http://www.rivesdelabeaute.com

Publicités

Permalien Laisser un commentaire

Quelle pédagogie pour le parfum?

16 février 2010 at 12:53 (Parfum et Musique) (, , , , , , , , , , , , , , , )

Chose promise, chose due! Voici mon « rapport » de la dernière conférence orchestrée par Marie-Anouch Sarkissian à la Sorbonne lundi 01 février!

« Quelle pédagogie pour le parfum? » est la conférence clôturant avec brio le cycle Parfum et Musique initié en juin 2009. J’espère d’ailleurs que Marie-Anouch poursuivra ses recherches et nous fera à nouveau part de ses réflexions prochainement!

J’ai beaucoup apprécié cette conférence car son approche à la fois universitaire et « entrepreneurial » nous a permis d’appréhender le thème Arts et Parfum sous différentes facettes. Marie-Anouch a eu l’excellente idée d’inviter Madame Barbara Le Portz, Directrice Générale de Fragrance Intelligence. A travers son intervention, Mme Le Portz a souligné l’importance capitale des échanges fréquents entre artistes et parfumeurs et de leur influence bénéfique sur le travail des uns et des autres.

Les rencontres qu’elle organise régulièrement favorisent le rapprochement entre peintres, sculpteurs, musiciens et parfumeurs. Mme Le Portz encourage les artistes à étendre leur champ de création en allant à la découverte d’autres disciplines artistiques. Les rencontres entre peintres, sculpteurs, musiciens, et écrivains existent déjà depuis longtemps mais les parfumeurs y étaient plus ou moins exclus car le parfum a longtemps été considéré comme un art mineur voire une activité industrielle tout simplement. Mme Le Portz a contribué à restituer le statut du parfumeur en initiant des projets rassemblant artistes et parfumeurs.

Ainsi a-t-elle notamment eu l’idée de demander à des parfumeurs de créer librement des compositions olfactives en s’inspirant d’une oeuvre d’art. Une expérience particulièrement forte a été la création de parfums à partir de sculptures de l’artiste Claudine Drai. Nous avons eu le plaisir de pouvoir découvrir des parfums comme « Spinale » et « Présence ». J’ai personnellement été frappée par ces deux créations et la force olfactive qu’elles en dégageaient. J’aurais aimé pouvoir confronter directement sculpture et parfum pour essayer de percevoir ce que le parfumeur a ressenti en créant le parfum inspiré de l’oeuvre d’art. Mais même en absolu, le parfum « Spinale » par exemple a quelque chose de captivant. Je me suis surprise à vouloir humer le parfum en continu, à l’aspirer en moi, à me l’approprier complètement. C’est un parfum très frais et métallique à la fois. En le sentant, il me semble inspirer l’essence vitale. Spinale, la colonne vertébrale, ce qui soutient notre corps et la vie en lui? C’est effectivement ce que je ressens.

J’aimerais beaucoup pouvoir assister à ce genre d’expériences et de rencontres inter-artistiques. C’est hautement fascinant et stimulant!

Mme Le Portz nous a également fait part d’une expérience faite avec Claudine Drai autour du parfum Flower By Kenzo. L’idée était de sentir le parfum et d’écrire tout ce à quoi il vous faisait penser et vous inspirait. Mme Le Portz et Mme Drai ont séparément noté leurs impressions et les ont comparé par la suite. Si le choix des mots et le style d’écriture varient, les sensations, les images et les émotions évoquées se ressemblent beaucoup. Le parfum Flower leur inspire la fraicheur, l’innocence, la pureté d’un côté, et la sensualité, la féminité, l’érotisme de l’autre côté. Un parfum de peau. Un parfum intime et intimiste. Un parfum cocoon, un parfum d’essence de vie… Il était intéressant de pouvoir retracer ces impressions émanant de deux femmes différentes. La lecture de leurs textes nous plonge dans l’univers du parfum et de ses évocations. Depuis cette rencontre, je perçois le parfum Flower complètement différemment. Il est vrai que je n’ai jamais fait que le sentir rapidement, je ne suis jamais allée à sa découverte comme l’ont pu faire Mme Drai et Mme Le Portz.

Il serait d’ailleurs intéressant de donner ce genre d’exercice à faire à son entourage, passionné de parfum ou non, et de récolter leurs impressions et analyses.

Je ne vous citerai pas tous les exemples de rencontres inter-artistiques donnés par Mme Le Portz, mais la confrontation entre Sculpture et Parfum, Musique et Parfum et Peinture et Parfum qu’elle a provoquée, est intriguante et passionnante à la fois. Ce sont ces rencontres qui nous inspirent le plus. J’aime bien comparer ces rencontres inter-artistiques avec les rencontres inter-culturelles. Ceux qui me connaissent savent mon intérêt pour les cultures étrangères et ma passion des voyages. Je n’ai jamais été aussi inspirée que lorsque j’ai fait la connaissance de personnes issues d’une autre culture que la mienne. Les rencontres et les voyages ont façonné mon esprit et ma personnalité. La diversité culturelle m’a incroyablement enrichie. A tel point d’ailleurs, que le manque de cette confrontation avec l’autre, l’inconnu et l’étranger, provoque en moi un vide.

Pour revenir à la conférence, après que Barbara Le Portz nous ait détaillé ces merveilleuses expériences, Marie-Anouch Sarkissian a repris le relais pour nous faire part de son analyse portant sur la comparaison entre langage du parfum et langage des arts. Elle nous a exposé différentes théories prouvant ou contredisant la similitude entre vocabulaire parfumé et musical par exemple. Certains exemples ayant été évoqués lors de ses précédentes conférences (Septimus Piesse et son traité sur « L’art oublié du parfum », Edmond Roudnistka dans « Esthétique de l’Odorat » etc), je ne m’étendrai pas sur ce sujet. Je souhaite toutefois vous parler du concert parfumé, autre sujet abordé lors de cette conférence.

Marie-Anouch nous a cité un extrait du livre d’Aldous Huxley « Le meilleur du monde » évoquant un concert parfumé imaginaire. Je vous fait part ici de l’extrait en question:

« L’orgue à parfums jouait un Capriccio des Herbes délicieusement frais, des arpèges cascadants de thym et de lavande, de romarin, de basilic, de myrte, d’estragon ; une série de modulations audacieuses passant par tous les tons d’épices, jusque dans l’ambre gris ; et une lente marche inverse, par le bois de santal, le camphre, le cèdre et le foin frais fauché avec des touches subtiles, par moments, de notes discordantes – une bouffée de pâté de rognons, le plus mince soupçon de fumier de porc,  pour revenir aux aromates simples sur lesquels le morceau avait débuté. Le dernier éclat de thym s’estompa ; il y eut un bruit d’applaudissements ; les lumières se rallumèrent. »

Marie-Anouch utilise cet extrait pour illustrer la similitude entre langage musical et langage parfumé.

Par ailleurs, pour illustrer le concept de concert parfumé, Mlle Sarkissian nous a projeté l’enregistrement d’un concert parfumé de 1989 orchestré par Martin Gras, compositeur de parfum et Louis Dunoyer de Ségonzac, compositeur de musique.

En conclusion, Marie-Anouch a voulu, à travers cette conférence dédiée à la pédagogie des parfums, nous convaincre de l’utilité voire de la nécessité d’introduire l’apprentissage de disciplines artistiques, ou du moins de leur Histoire, dans le programme de formation d’un parfumeur. En effet, elle nous a brillamment exposé à travers de multiples exemples, de l’importance de la confrontation entre les différentes disciplines et des rencontres interartistiques. Grâce à ces interactions entre les différents univers de l’art, les acteurs s’influencent mutuellement, étendent leur champ de connaissance et de culture et par conséquence disposent d’une palette beaucoup plus fournie d’instruments de création.

Sans être artiste, j’ai toujours été convaincue de la nécessité de cet apprentissage inter-disciplinaire et la conférence de Marie-Anouch Sarkissian n’a fait que renforcer cette conviction et cette envie d’aller vers l’autre quel que soit d’ailleurs son domaine d’activité. Tout un chacun peut nous influencer ou nous inspirer à travers ses expériences de vie. L’ouverture du coeur et de l’esprit ne peut qu’engendrer des conséquences positives, que ce soit dans le domaine de l’art, de la culture, ou tout simplement dans les relations inter-personnelles.

Permalien 3 commentaires

L’Heure Bleue: un parfum impressionniste?

26 janvier 2010 at 9:39 (Parfum et Musique) (, , , , , , , , )

Telle est la question posée par la musicologue Marie-Anouch Sarkissian lors de la conférence « A l’écoute du parfum » ayant eu lieu hier soir à la Sorbonne. La conférence avait comme trame l’étude de l’hypothèse suivante: Le parfum L’Heure Bleue peut-il être mis en rapport avec d’autres branches de l’art tels que la musique ou la peinture impressionniste?

Marie-Anouch a eu l’ingénieuse idée et initiative de vouloir comparer ce parfum créé par Jacques Guerlain en 1912, et la musique composée par Claude Debussy à la même époque ainsi que des tableaux impressionistes peints par Claude Monet et Vincent Van Gogh.

Afin de faciliter la compréhension de la problématique, il est sans doute nécessaire de rappeler ici la définition du terme « impressionnisme ». Le Grand Larousse Encyclopédique, donne la définition suivante: « L’impressionisme est une forme d’art qui se donne pour objet l’évocation directe des impressions fugitives ou durables éprouvées par l’artiste créateur ».

Tout au long de cette conférence d’une durée d’une heure environ, la musicologue a essayé de nous démontrer que le parfum L’Heure Bleue correspondait bien aux critères énoncés « indispensables » pour être classifié d’oeuvre impressionniste. Nous avons pu sentir le parfum sur une mouillette (nommé joliment le papier à rêves par Marie-Anouch), et pendant son évolution, nous avons goûté à ses talents musicaux exercés au piano en compagnie de Nicolas Papin, guitariste.

En ouverture, Marie-Anouch a joué le prélude de Debussy « Les Sons et Parfums tournent dans l’air du Soir… » composé et inspiré par le poème de Charles Baudelaire « Harmonie du Soir »…

Le but de la manoeuvre était de nous faire comprendre que l’ambiance traduite en musique se reflétait parfaitement dans la composition du parfum L’Heure Bleue.

Le parfum de Guerlain comme la musique de Debussy font référence à une certaine heure entre la journée et la nuit, L’Heure Bleue. L’Heure Bleue, l’heure suspendue, la transition entre l’obscurité et la lumière… Le parfum raconte le souvenir d’une promenade au bord de la Seine un soir d’été 1911… Jacques Guerlain nous décrit poétiquement la scène comme suit:

 » Le soleil s’est couché, la nuit pourtant n’est pas encore tombée. C’est l’heure suspendue, l’heure où tout est silencieux, l’heure où l’homme se retrouve en harmonie avec le monde et la lumière. Dans cette lumière d’un bleu profond, tout, le tremblement de l’air, les feuillages qui frémissent, les ondulations presque invisibles de l’eau, se concentre afin d’exprimer un amour, une tendresse infinie. »

Comme la peinture impressionniste de Van Gogh ou Monet ou la musique de Debussy nous transportent dans un état second, entre éveil et sommeil, à la frontière du rêve et de l’irréel, du surnaturel même, la composition parfumée de Guerlain provoque en nous un état d’esprit contemplatif et méditatif, ouvert sur la nature et les « mystères cachés au-delà du réel et de notre conscience » comme le dit si bien Michel Fleury.

La vision et l’étude de tableaux comme « Soleil Couchant sur la Seine à Lavacourt » de Monet ou « La Nuit étoilée » de Van Gogh, nous font prendre conscience de la minceur du voile qui sépare le ciel et la terre, le naturel et surnaturel, l’humain et le divin. Les jeux de lumière diffuse, le tracé flou des contours, les couleurs brouillées… tout contribue à évoquer en nous ce sentiment profond d’apaisement et d’allégresse en même temps, ces émotions à fleur de peau… Comme si nous ne faisions plus qu’un avec la nature…

Comme les volutes fumées du parfum (per fumum: par la fumée) étaient destinées dans l’Antiquité à créer un lien entre l’homme et les dieux, la musique et la peinture à travers leurs jeux d’ombres et de lumière, leurs tonalités disparates et interrompues tout en restant mélodieuses, nous rapprochent de l’état divin.

Van Gogh disait avoir un « besoin pénible de religion » et expliquait ainsi son désir de « sortir la nuit pour peindre les étoiles ». Car « lorsque tout bruit cesse, que tout est mortellement calme, la voix de Dieu se fait entendre sous les étoiles »

Claude Monet quant à lui évoque aussi son trouble et son émotion devant ce spectacle saisissant de la nature.  » Je me suis fait une religion de la mystérieuse nature. (…) Devant un ciel mouvant, en contemplant, de longues heures, ses beautés magnifiques et incessamment renouvellées, une incomparable émotion m’étreint »…

Pourquoi enfin admettre que L’Heure Bleue est une oeuvre d’art? Selon Edmond Roudnitska, l’un des plus grands nez de son temps,  « L’art est ce qui émeut. Par les tripes ou par le cerveau, par les deux si possible. Est artiste aussi bien celui qui vibre à ce qu’il fait, que celui qui frisonne à ce qu’il regarde, écoute ou sent ».

L’Heure Bleue est un parfum qui émeut profondément au même titre qu’un tableau de Monet ou qu’une musique de Debussy. Je ne pourrais vous relater la totalité de la conférence, tel n’est pas le but de l’exercice. Je vous conseille pour poursuivre de lire le fabuleux poème de Federico Garcia Lorca extrait des « Impressions et paysages: Grenade » Ombres et Sons qui d’ailleurs a été merveilleusement mis en musique par Nicolas Papin à la guitare lors de cette conférence. Conférence qui a à la fois suscité en moi la réflexion, un état entre méditation et contemplation et une émotion profonde trouvant écho dans mon coeur et mes tripes.

J’ai toujours été particulièrement touchée par les tableaux de Monet et la musique de Debussy entre autres. Quand je recherchais l’apaisement et la réjouissance des sens, j’aimais faire un tour au Musée d’Orsay. Je pouvais rester des heures devant un tableau de Monet à me laisser aspirer par le tableau, presque fusionner avec lui. L’ambiance et l’atmosphère évoquées me fascinaient et m’émouvaient au plus profond de mon être. Tout comme la musique de Debussy, jouée par ma mère au piano quand j’étais enfant. Lorsque je l’entendais répéter, je me glissais dans sa chambre pour écouter silencieusement. Je ne restais jamais de marbre. C’était comme si la musique m’appelait, comme si elle m’était tout particulièrement destinée, comme si elle savait qui j’étais et ce que je ressentais au plus profond de moi.

Que ce soit la littérature, la musique ou la peinture, ces disciplines artistiques ont toujours trouvé écho en moi. Le parfum a donc été la suite logique. Quand je me parfume ou découvre un nouveau parfum, je recherche à la fois le plaisir et l’exaltation des sens et la stimulation de la réflexion philosophique. La philosophie et la musique font partie de mon héritage parental, l’écriture et le parfum constituent un apport personnel. Tous, je l’espère sont parties intégrantes de mon présent et futur.

Je remercie de tout coeur Marie-Anouch d’avoir pu renouer avec mon passé musicalo-artistique en faisant le lien avec ma passion actuelle quasi-obsessionnelle: le parfum.

J’ai rédigé cet article en écoutant Debussy bien sûr accompagnée de la réminiscence olfactive de L’Heure Bleue. L’Heure Bleue un parfum de crépuscule, aussi révolutionnaire à son époque que l’étaient la peinture ou la musique impressionniste. Un parfum de calme avant la tempête. Un parfum floral-oriental alliant matières naturelles nobles et molécules synthétiques originales. Un parfum tendre fait de douceur, de réconfort et de calme. Un parfum qui nous enveloppe comme un manteau chaud et douillet. Un parfum de nostalgie, de doux souvenirs, d’un passé heureux qui semble nous protéger d’un futur indécis et lointain…Un parfum qui cultive le mystère… Vous ai-je dit que ma mère portait ce parfum?

Permalien 2 commentaires