Du sniff au bien-être

14 mars 2014 at 5:27 (Impressions olfactives) (, , , , , , , , , , , )

621681_280x210Point de drogues « dures » chez moi. Ni alcool ni cigarette et encore moins des substances plus dangereuses. Quand j’ai besoin d’un petit remontant, je me contente d’un sniff. Oui, mais pas n’importe lequel!Le matin quand je prépare mon thé pour le petit déjeuner, je plonge mon nez dans le sachet qui exhale tous les parfums et arômes si riches de mon thé parfumé. Un grand coup de coeur pour le Thé des Impressionnistes de Mariage Frères! Je ne peux m’empêcher de le renifler à chaque usage! Le nom est particulièrement seyant. Je me sens tout de suite transportée dans une oeuvre d’un grand peintre de ce courant artistique. En humant ce thé vert au parfum floral-épicé doux, un paysage inondé d’un soleil brumeux s’ouvre à mon regard intérieur. Je perçois des contrastes de lumière, le jeu du clair-obscur, les rayons du soleil qui transperçe les nuages après une courte pluie estivale, caresse avec délice les fleurs épanouies sous mes pieds. Les odeurs du jasmin, de la mauve, de la lavande et de la vanille se mêlent en douceur et captent mes narines. Je me sens enivrée, légère et emplie d’un bien-être profond. Mes émotions sont aussi contrastées et multiples que l’art qui les inspire.

D’autres petits rituels olfactifs contribuent à me ressourcer. Le parfum enveloppant, sensuel et chaleureux de ma Spiritueuse Double Vanille fétiche. Au premier pschitt, je me réveille au tourbillon des agrumes frais (bergamote) et des épices claquantes (baie rose). Puis, plus les notes se posent, s’opposent et se mêlent entre elles, le parfum imprègne ma peau en profondeur. Les accords évoluent au rythme de mes pas et aux battements de mon cœur. Le parfum prend des inflexions fumées boisées avec le cèdre et l’encens avant de devenir liquoreuse grâce au rhum, à la vanille et au benjoin. Étrangement, les notes florales de la rose bulgare et de l’ylang-ylang ressortent assez peu sur moi. Le parfum vibre au diapason avec ma peau, m’ensorcelle pour mieux charmer. J’ai rarement été aussi fidèle à un parfum. Je l’ai véritablement dans la peau, il fusionne avec moi et devient ma signature olfactive très personnelle. Le porter me rassure tout en me rendant ultra-sensuelle. Il n’est pas rare qu’on me suive à la trace en me disant: « vous sentez si merveilleusement bon, quel est donc votre secret? ».

L’univers des odeurs me fascine depuis des lustres, ceux qui me connaissent peuvent témoigner de ma passion. Si je vous ai précédemment parlé de compositions olfactives élaborées du monde culinaire et parfumé, j’avoue aussi un attachement particulier aux notes très simples et régressives de mon enfance. Ainsi la lavande et la fleur d’oranger me font voyager. La lavande me rappelle le jardin de mes grands-parents à la campagne ainsi que la douce odeur réconfortante de mon grand-père. C’est sans doute en respirant quotidiennement Pour un Homme de Caron à chaque baiser que j’ai commencé à adorer l’accord vanille/lavande. La fleur d’oranger me rappelle plus ma grand-mère et ses gâteaux. Madeleine à l’ancienne ou Charlotte aux fruits toujours rehaussées d’une touche de fleur d’oranger. Bien sûr, il y a aussi ces notes gourmandes plus « industrielles ». L’odeur des bonbons Haribo ou du chocolat Kinder (attention la version allemande, nettement plus gustative et qualitative! ;-)) Le massepain aussi des boules Mozart ou du Marzipanbrot. La liste de mes addictions gourmandes est longue! Côté arômes plus naturels et sains, je compte les fruits comme le melon, la figue, la pèche blanche et les cerises parmi mes péchés mignons. Certes, le goût est ici prépondérant mais l’odorat joue un rôle non moins important pour ouvrir l’appétit. C’est en sentant les arômes exhalés par ces fruits, que l’eau me monte à la bouche!

Ceci n’est qu’un aperçu et avant-goût de mes préférences olfactives. Je me suis déshabillée pour vous le temps d’un article. A votre tour de vous mettre à nu!

Quelles sont vos senteurs, odeurs addictives? Quels « sniffs » provoquent des sensations de bien-être en vous? Dites-moi tout!

Article rédigé par mes soins sur un autre support média il y a 3 ans.
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D’amour et de parfums

21 janvier 2011 at 10:52 (Lectures parfumées) (, , )

Article rédigé par mes soins début novembre sur un autre support

 


Avant de vous emmener dans les coulisses du célèbre malletier français, j’ai envie de vous conter un autre voyage imaginaire. Un périple qui m’a transportée dans d’autres sphères poly-sensorielles que je prends plaisir à explorer très fréquemment.

Depuis deux nuits, il me tient compagnie, me berce jusqu’à ce que je tombe dans un délicieux sommeil et peuple mes rêves les plus fous. Grâce à lui, je connais l’extase suprême, la jouissance profonde et une éternelle soif de découverte… Mais que croyez-vous donc? Je veux parler de l’univers magico-olfactif du parfum! Ou plus concrètement d’un recueil d’histoires parfumées.

Le bien-nommé «  Parfums d’amour » se révèle un excellent remède alternatif pour pallier aux longues nuits d’insomnies. J’avoue que la polémique qui fait rage depuis 3 semaines a quelque peu temporisé mon envie d’ouvrir ce livre récemment écrit par Jean-Paul Guerlain. Puis mon impatience s’est avérée trop grande pour être ainsi contenue et j’ai décidé de tourner la page…

Hmmh, rien que le léger bruit que laisse échapper le couvercle du somptueux coffret augure de délicieuses découvertes…Le fin grillage orné du double G emblématique permet de jeter un premier regard concupiscent sur ce petit livret à la couverture épaisse teinte de blanc et esquissée de délicates branches semblant ployer sous le poids des fleurs de cerisiers…Encadré par ce tableau évocateur, se révèle en lettres dorées le nom du parfumeur et le titre de l’ouvrage. On imagine les trésors qu’il recèle…

Après une dernière caresse presque amoureuse, je décide de briser la tranche dorée et de feuilleter les pages…Et me voilà d’emblée plongée au coeur de la première histoire d’amour de Jean-Paul Guerlain – Samsara ou un voyage en Inde.

A bientôt pour la suite de l’aventure…

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Parfums d’amour

21 janvier 2011 at 10:42 (Lectures parfumées) (, , , , , , , )

Article rédigé début septembre 2010

Je viens d’apprendre une excellente nouvelle que je me dois de partager avec vous ! Vous connaissez ma passion pour la littérature parfumée au sens  littéraire comme figuré. Vous savez aussi mon amour pour la Maison Guerlain et encore plus pour ses nez.

Il y a deux jours, je viens de lire que Jean-Paul Guerlain nous ferait le plaisir de publier un nouveau livre ! Après le fabuleux « Les routes de mes parfums » que j’ai lu avec délectation à sa sortie et que je continue régulièrement à parcourir, le dernier parfumeur de la dynastie des Guerlain, a décidé de nous conter les histoires à l’origine de toutes ses créations olfactives. « Parfums d’amour » nous dévoile donc les coulisses  des parfums les plus emblématiques comme Samsara, Habit Rouge, Vétiver et Spiritueuse Double Vanille.  Selon l’ancien nez maison, toutes ses créations sont un hommage à la femme qu’il aime ou admire.

La plume poétique de Jean-Paul Guerlain est accompagnée des aquarelles de Marc Lacaze qui avait déjà su si joliment mettre en scène les voyages olfactifs du créateur de parfums.

« Parfums d’amour » est assurément le livre de la rentrée que j’attends avec impatience !  Les textes romantiques et sensuels de l’auteur me laissent souvent songeuse et rêveuse, j’ai l’impression de faire la route avec le parfumeur et de découvrir avec lui toutes ces merveilleuses épices et fleurs cultivées et recueillies au bout du monde.

Petit bonus non négligeable, ce nouvel ouvrage est accompagné d’un vaporisateur de sac de Spiritueuse Double Vanille, l’un de mes parfums préférés ! Vous vous doutez bien, que je courrai acquérir ce livre dont la simple évocation m’a transportée d’enthousiasme !

« Parfums d’amour » est publié aux éditions du Cherche-Midi et paraîtra en avant-première le 1er octobre en boutiques  Guerlain avant d’être distribué dans les librairies à travers l’Hexagone à la fin du mois.

Le prix est de 58 Euro.



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Sa Majesté la Rose

14 février 2010 at 12:41 (Découvertes parfumées) (, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , )

Longtemps la rose a-t-elle été délaissée, boudée et même décriée. Jugée trop vieillote, trop poudrée, trop « dadame ». Cette fleur injustement connotée « has been » a enfin et à nouveau le vent en poupe! Les différentes Maisons de parfums la remettent à l’honneur et les jus à base ou créés autour de la rose connaissent un nouvel engouement.

Si j’ai toujours aimé l’odeur de la rose, je n’ai jamais vraiment adopté de parfum où la rose était star. Pourtant la rose, fleur si fragile et puissante à la fois, m’évoque tant de doux souvenirs d’enfance. Les roses sauvages du jardin de mes parents, celles cultivées dans le « parc » de mes grands-parents, les roseraies de Bagatelle… Dès ma plus tendre enfance, j’ai adoré plonger mon nez pourtant délicat dans cette fleur si fraiche et suave à la fois. D’ailleurs certaines confitures de pétales de rose m’évoquent encore aujourd’hui la sensation éprouvée autrefois. Un mélange d’innocence et de sensualité, une odeur légère et vive, un parfum jeune et ancien à la fois…

La rose a beau jouir, malgré elle, d’une réputation de quasi-antiquité, elle peut être extrêmement contemporaine. Saviez-vous que la rose possédait plus de 500 molécules odorantes? Elle peut se faire tour à tour fraîche, verte, fruitée, mieillée, épicée, boisée, citronnée, poudrée… Tout dépend de sa variété, de son origine, du climat dans lequel elle prospère et de l’emploi qu’on en fait.

J’ai à nouveau renoué avec la rose sous forme de parfum, en découvrant Rose Barbare de la collection l’Art et la Matière de Guerlain il y a environ 3 ans. Un parfum dont la beauté et la construction olfactive ne m’ont pas laissée indifférente. Classique et contemporaine à la fois, la rose s’y fait poudrée mais un peu métallique également notamment grâce (ou à cause selon le point de vue) aux aldéhydes tout en restant à l’état quasi-sauvage. Un parfum opulent et léger à la fois. Contrastée et haute en couleur, elle se fait pétillante et douce en même temps. Ses aspects mieillés et musqués ont certainement contribué à me séduire. Si je ne la porte que très rarement, cela est sans doute dû aux notes de patchouli que j’ai toujours du mal à apprivoiser. Et même si elle reste peu poudrée par rapport à certains parfums de rose classiques, elle le semble malgré tout l’être encore trop pour moi. Je la garde donc précieusement au fond d’un tiroir à l’abri de la lumière pour la ressortir de temps à autre quand le besoin d’une bouffée florale s’impose.

En parlant de la rose, j’ai découvert les Parfums de Rosine récemment dont le travail repose justement sur des créations autour de cette reine des fleurs. Les Parfums de Rosine sont un parfait exemple prouvant aux personnes qui ne sont pas à fortiori attirées par la rose, que l’on peut l’aimer et la porter malgré tout. Car si la rose est présente dans tous leurs parfums, elle y est plus ou moins traitée en majeur ou mineur selon les occasions et surtout révèle de nombreuses facettes souvent insoupçonnées. Je vous en reparlerai bientôt notamment en vous faisant découvrir Secrets de Rose, l’un des plus récents parfums de la Maison.

Un autre parfum composé autour de la rose que je souhaite découvrir, est Lipstick Rose des Editions Frédéric Malle. Décrit comme gai et sophistiqué à la fois, ce jus est censé être la représentation de la femme glamour et sophistiquée, se préparant dans son boudoir pour une grande soirée. Comme le nom l’indique, la rose est ici traitée dans son aspect cosmétique notamment avec la « reproduction » de la senteur typique d’un baton de rouge-à-lèvres. J’ai découvert quelques majeures fragrances des Editions de parfums Frédéric Malle il y a quelques semaines, mais j’avais mis Lipstick Rose de côté à l’époque, préférant me consacrer à l’apprivoisement de jus avec lesquels je me sentirais plus facilement en harmonie. Mais ce n’est que partie remise, je partirai à sa recherche olfactive très bientôt.

Dans les créations récentes, on trouve Parisienne d’Yves Saint Laurent. Personnellement, je n’ai pas accroché. Si son nom évoque une femme sensuelle, libre et amoureuse, représentée par la célèbrissime Kate Moss, je n’y ai vu qu’un autre jus créé pour des minettes de 20 ans souhaitant ressembler à leur icône fashion pas si parisienne que cela! J’avoue d’ailleurs trouver quelque peu étrange le choix d’une égérie américaine pour un parfum étant censé être typiquement français et parisien en l’occurence! Un parfum qui se veut chic et sophistiqué, intemporel et moderne à la fois. Pour le côté moderne je veux bien, mais chic? Je ne sais pas.

Il existe des parfums à la rose que j’ai envie de (re-) sentir et (re-) découvrir. Je pense notamment à For Her, de Narciso Rodriguez ou Nahéma de Guerlain. Parmi les anciennes créations, je suis tentée de partir à la recherche de Guerlarose de Guerlain ou Royal White Rose de Lubin (peut-être par l’intermédiaire de l’Osmothèque de Versailles, conservatoire international des parfums).

Et parmi les nouveaux jus récents, Rose Oud by Killian et Rose Wood Blackcurrant de Korrès me font de l’oeil. A voir s’ils sauront captiver mon nez…Par ailleurs, j’ai trouvé assez attirante la nouvelle eau de Dior: Forever and ever. Je l’ai humé il y a quelques semaines à son lancement plus ou moins secret au Sephora des Champs-Elysées. La rose y est traitée dans toute son innocence et sa fraicheur, une rose romantique pour jeunes premières…

Et vous, êtes-vous tombés sous le charme de la rose? Si oui, laquelle susurre le plus tendrement à votre oreille? Y en a t-il une qui vous chamboulle les sens? Vous fait frémir ou frétiller le nez? Ou pensez-vous toujours qu’elle est réservée à votre grand-mère? Faites-moi part de vos impressions!

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L’Heure Bleue: un parfum impressionniste?

26 janvier 2010 at 9:39 (Parfum et Musique) (, , , , , , , , )

Telle est la question posée par la musicologue Marie-Anouch Sarkissian lors de la conférence « A l’écoute du parfum » ayant eu lieu hier soir à la Sorbonne. La conférence avait comme trame l’étude de l’hypothèse suivante: Le parfum L’Heure Bleue peut-il être mis en rapport avec d’autres branches de l’art tels que la musique ou la peinture impressionniste?

Marie-Anouch a eu l’ingénieuse idée et initiative de vouloir comparer ce parfum créé par Jacques Guerlain en 1912, et la musique composée par Claude Debussy à la même époque ainsi que des tableaux impressionistes peints par Claude Monet et Vincent Van Gogh.

Afin de faciliter la compréhension de la problématique, il est sans doute nécessaire de rappeler ici la définition du terme « impressionnisme ». Le Grand Larousse Encyclopédique, donne la définition suivante: « L’impressionisme est une forme d’art qui se donne pour objet l’évocation directe des impressions fugitives ou durables éprouvées par l’artiste créateur ».

Tout au long de cette conférence d’une durée d’une heure environ, la musicologue a essayé de nous démontrer que le parfum L’Heure Bleue correspondait bien aux critères énoncés « indispensables » pour être classifié d’oeuvre impressionniste. Nous avons pu sentir le parfum sur une mouillette (nommé joliment le papier à rêves par Marie-Anouch), et pendant son évolution, nous avons goûté à ses talents musicaux exercés au piano en compagnie de Nicolas Papin, guitariste.

En ouverture, Marie-Anouch a joué le prélude de Debussy « Les Sons et Parfums tournent dans l’air du Soir… » composé et inspiré par le poème de Charles Baudelaire « Harmonie du Soir »…

Le but de la manoeuvre était de nous faire comprendre que l’ambiance traduite en musique se reflétait parfaitement dans la composition du parfum L’Heure Bleue.

Le parfum de Guerlain comme la musique de Debussy font référence à une certaine heure entre la journée et la nuit, L’Heure Bleue. L’Heure Bleue, l’heure suspendue, la transition entre l’obscurité et la lumière… Le parfum raconte le souvenir d’une promenade au bord de la Seine un soir d’été 1911… Jacques Guerlain nous décrit poétiquement la scène comme suit:

 » Le soleil s’est couché, la nuit pourtant n’est pas encore tombée. C’est l’heure suspendue, l’heure où tout est silencieux, l’heure où l’homme se retrouve en harmonie avec le monde et la lumière. Dans cette lumière d’un bleu profond, tout, le tremblement de l’air, les feuillages qui frémissent, les ondulations presque invisibles de l’eau, se concentre afin d’exprimer un amour, une tendresse infinie. »

Comme la peinture impressionniste de Van Gogh ou Monet ou la musique de Debussy nous transportent dans un état second, entre éveil et sommeil, à la frontière du rêve et de l’irréel, du surnaturel même, la composition parfumée de Guerlain provoque en nous un état d’esprit contemplatif et méditatif, ouvert sur la nature et les « mystères cachés au-delà du réel et de notre conscience » comme le dit si bien Michel Fleury.

La vision et l’étude de tableaux comme « Soleil Couchant sur la Seine à Lavacourt » de Monet ou « La Nuit étoilée » de Van Gogh, nous font prendre conscience de la minceur du voile qui sépare le ciel et la terre, le naturel et surnaturel, l’humain et le divin. Les jeux de lumière diffuse, le tracé flou des contours, les couleurs brouillées… tout contribue à évoquer en nous ce sentiment profond d’apaisement et d’allégresse en même temps, ces émotions à fleur de peau… Comme si nous ne faisions plus qu’un avec la nature…

Comme les volutes fumées du parfum (per fumum: par la fumée) étaient destinées dans l’Antiquité à créer un lien entre l’homme et les dieux, la musique et la peinture à travers leurs jeux d’ombres et de lumière, leurs tonalités disparates et interrompues tout en restant mélodieuses, nous rapprochent de l’état divin.

Van Gogh disait avoir un « besoin pénible de religion » et expliquait ainsi son désir de « sortir la nuit pour peindre les étoiles ». Car « lorsque tout bruit cesse, que tout est mortellement calme, la voix de Dieu se fait entendre sous les étoiles »

Claude Monet quant à lui évoque aussi son trouble et son émotion devant ce spectacle saisissant de la nature.  » Je me suis fait une religion de la mystérieuse nature. (…) Devant un ciel mouvant, en contemplant, de longues heures, ses beautés magnifiques et incessamment renouvellées, une incomparable émotion m’étreint »…

Pourquoi enfin admettre que L’Heure Bleue est une oeuvre d’art? Selon Edmond Roudnitska, l’un des plus grands nez de son temps,  « L’art est ce qui émeut. Par les tripes ou par le cerveau, par les deux si possible. Est artiste aussi bien celui qui vibre à ce qu’il fait, que celui qui frisonne à ce qu’il regarde, écoute ou sent ».

L’Heure Bleue est un parfum qui émeut profondément au même titre qu’un tableau de Monet ou qu’une musique de Debussy. Je ne pourrais vous relater la totalité de la conférence, tel n’est pas le but de l’exercice. Je vous conseille pour poursuivre de lire le fabuleux poème de Federico Garcia Lorca extrait des « Impressions et paysages: Grenade » Ombres et Sons qui d’ailleurs a été merveilleusement mis en musique par Nicolas Papin à la guitare lors de cette conférence. Conférence qui a à la fois suscité en moi la réflexion, un état entre méditation et contemplation et une émotion profonde trouvant écho dans mon coeur et mes tripes.

J’ai toujours été particulièrement touchée par les tableaux de Monet et la musique de Debussy entre autres. Quand je recherchais l’apaisement et la réjouissance des sens, j’aimais faire un tour au Musée d’Orsay. Je pouvais rester des heures devant un tableau de Monet à me laisser aspirer par le tableau, presque fusionner avec lui. L’ambiance et l’atmosphère évoquées me fascinaient et m’émouvaient au plus profond de mon être. Tout comme la musique de Debussy, jouée par ma mère au piano quand j’étais enfant. Lorsque je l’entendais répéter, je me glissais dans sa chambre pour écouter silencieusement. Je ne restais jamais de marbre. C’était comme si la musique m’appelait, comme si elle m’était tout particulièrement destinée, comme si elle savait qui j’étais et ce que je ressentais au plus profond de moi.

Que ce soit la littérature, la musique ou la peinture, ces disciplines artistiques ont toujours trouvé écho en moi. Le parfum a donc été la suite logique. Quand je me parfume ou découvre un nouveau parfum, je recherche à la fois le plaisir et l’exaltation des sens et la stimulation de la réflexion philosophique. La philosophie et la musique font partie de mon héritage parental, l’écriture et le parfum constituent un apport personnel. Tous, je l’espère sont parties intégrantes de mon présent et futur.

Je remercie de tout coeur Marie-Anouch d’avoir pu renouer avec mon passé musicalo-artistique en faisant le lien avec ma passion actuelle quasi-obsessionnelle: le parfum.

J’ai rédigé cet article en écoutant Debussy bien sûr accompagnée de la réminiscence olfactive de L’Heure Bleue. L’Heure Bleue un parfum de crépuscule, aussi révolutionnaire à son époque que l’étaient la peinture ou la musique impressionniste. Un parfum de calme avant la tempête. Un parfum floral-oriental alliant matières naturelles nobles et molécules synthétiques originales. Un parfum tendre fait de douceur, de réconfort et de calme. Un parfum qui nous enveloppe comme un manteau chaud et douillet. Un parfum de nostalgie, de doux souvenirs, d’un passé heureux qui semble nous protéger d’un futur indécis et lointain…Un parfum qui cultive le mystère… Vous ai-je dit que ma mère portait ce parfum?

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Si la fève tonka m’était contée…

23 janvier 2010 at 1:07 (Découvertes parfumées) (, , , , , , )

… elle s’appelerait Tonka Impériale.

Je voulais vous en parler il y a des mois… puis j’ai oublié. Comment excuser l’inexcusable? Tout simplement par cette justification: je ne l’ai pas encore senti. Pourquoi vous en parler maintenant alors? Là encore la réponse est simple: il le faut! C’est impératif! Je ne peux plus faire de rétention d’information! Soyons justes et honorons ceux qui ont fait figure d’effet déclencheur! La lecture de divers blogs parfumés m’ayant inspirée et provoquée cette profonde envie de vous en dire plus… en aveugle. Oui je me jète sans filet dans le vide puisque je vous parle d’un parfum que je n’ai pas encore senti! Le comble me direz-vous!

Mais la fin justifie, pour cette fois, les moyens! Vous donner l’envie de le découvrir… peut-être même avant moi! Oh je sens la jalousie monter en moi! Oui, je veux le sentir, le sentir tout de suite! Ne me prenez pas de vitesse, ne me gâchez pas le plaisir de l’inédit. Inédit s’il y a puisque certains amateurs de parfums ont déjà eu le privilège de sentir cette nouvelle fragrance. Leur talent poétique, l’intensité des émotions décrites m’ont mise dans un sacré état. Mon nez a frétillé d’excitation anticipée, mon coeur a battu la chamade, tout ça par simple évocation olfactive virtuelle… Quel pouvoir peuvent avoir les mots!

Mais venons-en aux faits! Tonka Impériale est le nouveau parfum de la série exclusive de l’Art et la Matière de Guerlain. L’une de mes conseillères préférées m’en avait parlé en douce l’automne dernier. En me précisant toutefois que sa sortie n’était pas prévue avant fin janvier/début février. Tout feu tout flamme, elle m’a donné quelques précisions que voici.

Il s’agit d’un parfum dans la tradition de Guerlain, reprenant l’un des composants essentiels de la Guerlinade: la fameuse fève tonka. Jamais auparavant la fève tonka avait été traitée en soliflore et enfin la Maison la met à l’honneur! Vous qui aimez, comme moi, les parfums chauds et sensuels (Spiritueuse Double Vanille, Cuir Beluga….), vous allez certainement aimer Tonka Impériale. Elle m’a mise en appétit en évoquant l’appartenance à ce groupe de parfums tout en le distinguant et m’expliquant qu’il était ambigüe et pouvait tout à fait être porté et par la femme et par l’homme. Malgré un matraquage marketing et médiatique qui n’a pas été sans influence sur moi pendant des années, je l’avoue, j’ai beau faire la distinction entre parfums plutôt féminins et plutôt masculins, certaines notes traditionnellement réservées à la gent masculine m’ont profondément séduite. Je pense au basilic et à la lavande par ex. Notes aromatiques que j’affectionne particulièrement. Le basilic pour sa note épicée et anisée et la lavande pour son côté floral, herbacé et fruité boisé à la fois.

Donc si le parfum s’affiche ambigüe, cela m’intrigue encore plus. Le romarin, un aromatique herbacé et camphré, réservé habituellement à la parfumerie masculine semble ici traité avec plus de fraicheur sans son côté âcre si l’on en croit le verdict de certains amateurs.

Mais reparlons de la matière première traitée en priorité: la fève tonka. Connaissez-vous son origine? J’emprunte les mots du site Osmoz.fr qui résume très bien l’histoire, l’origine et l’utilisation de la fève tonka. Voici les extraits: L’arbre produisant la fève tonka est originaire du Venezuela, de la Guyane et du Brésil. La graine est récoltée, séchée, trempée dans l’alcool (rhum) de douze à vingt-quatre heures, séchée à nouveau; elle développe en surface des cristaux de coumarine. Les graines sont réduites en poudre puis extraites aux solvants pour l’obtention de la concrète, puis de l’absolue. Donne un très bel effet naturel doux dans les notes fougères, ambrées, orientales.

Par ailleurs, la fève tonka est également utilisé en cuisine. Elle peut être utilisée en infusion mais aussi râpée comme la noix de muscade pour relever purées, viandes ou aromatiser des desserts comme la panna cotta. Mais attention à l’overdose! Elle peut être toxique!

Certains comparent Tonka Impériale à une pâtisserie fine que l’on dégusterait avec délectation. Les détracteurs de Spiritueuse Double Vanille de la même Maison qui critiquaient son côté über-gourmand et liquoreux, se réconcilient avec Guerlain grâce à cette nouvelle fragrance exclusive.

En addict Guerlain qui se respecte, je vous ferai part de mes impressions dès que j’aurai eu l’occasion de tester cette nouvelle eau de parfum. Vous imaginez mon impatience!

(article rédigé par mes soins sur un autre support Web)

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