Du sniff au bien-être

14 mars 2014 at 5:27 (Impressions olfactives) (, , , , , , , , , , , )

621681_280x210Point de drogues « dures » chez moi. Ni alcool ni cigarette et encore moins des substances plus dangereuses. Quand j’ai besoin d’un petit remontant, je me contente d’un sniff. Oui, mais pas n’importe lequel!Le matin quand je prépare mon thé pour le petit déjeuner, je plonge mon nez dans le sachet qui exhale tous les parfums et arômes si riches de mon thé parfumé. Un grand coup de coeur pour le Thé des Impressionnistes de Mariage Frères! Je ne peux m’empêcher de le renifler à chaque usage! Le nom est particulièrement seyant. Je me sens tout de suite transportée dans une oeuvre d’un grand peintre de ce courant artistique. En humant ce thé vert au parfum floral-épicé doux, un paysage inondé d’un soleil brumeux s’ouvre à mon regard intérieur. Je perçois des contrastes de lumière, le jeu du clair-obscur, les rayons du soleil qui transperçe les nuages après une courte pluie estivale, caresse avec délice les fleurs épanouies sous mes pieds. Les odeurs du jasmin, de la mauve, de la lavande et de la vanille se mêlent en douceur et captent mes narines. Je me sens enivrée, légère et emplie d’un bien-être profond. Mes émotions sont aussi contrastées et multiples que l’art qui les inspire.

D’autres petits rituels olfactifs contribuent à me ressourcer. Le parfum enveloppant, sensuel et chaleureux de ma Spiritueuse Double Vanille fétiche. Au premier pschitt, je me réveille au tourbillon des agrumes frais (bergamote) et des épices claquantes (baie rose). Puis, plus les notes se posent, s’opposent et se mêlent entre elles, le parfum imprègne ma peau en profondeur. Les accords évoluent au rythme de mes pas et aux battements de mon cœur. Le parfum prend des inflexions fumées boisées avec le cèdre et l’encens avant de devenir liquoreuse grâce au rhum, à la vanille et au benjoin. Étrangement, les notes florales de la rose bulgare et de l’ylang-ylang ressortent assez peu sur moi. Le parfum vibre au diapason avec ma peau, m’ensorcelle pour mieux charmer. J’ai rarement été aussi fidèle à un parfum. Je l’ai véritablement dans la peau, il fusionne avec moi et devient ma signature olfactive très personnelle. Le porter me rassure tout en me rendant ultra-sensuelle. Il n’est pas rare qu’on me suive à la trace en me disant: « vous sentez si merveilleusement bon, quel est donc votre secret? ».

L’univers des odeurs me fascine depuis des lustres, ceux qui me connaissent peuvent témoigner de ma passion. Si je vous ai précédemment parlé de compositions olfactives élaborées du monde culinaire et parfumé, j’avoue aussi un attachement particulier aux notes très simples et régressives de mon enfance. Ainsi la lavande et la fleur d’oranger me font voyager. La lavande me rappelle le jardin de mes grands-parents à la campagne ainsi que la douce odeur réconfortante de mon grand-père. C’est sans doute en respirant quotidiennement Pour un Homme de Caron à chaque baiser que j’ai commencé à adorer l’accord vanille/lavande. La fleur d’oranger me rappelle plus ma grand-mère et ses gâteaux. Madeleine à l’ancienne ou Charlotte aux fruits toujours rehaussées d’une touche de fleur d’oranger. Bien sûr, il y a aussi ces notes gourmandes plus « industrielles ». L’odeur des bonbons Haribo ou du chocolat Kinder (attention la version allemande, nettement plus gustative et qualitative! ;-)) Le massepain aussi des boules Mozart ou du Marzipanbrot. La liste de mes addictions gourmandes est longue! Côté arômes plus naturels et sains, je compte les fruits comme le melon, la figue, la pèche blanche et les cerises parmi mes péchés mignons. Certes, le goût est ici prépondérant mais l’odorat joue un rôle non moins important pour ouvrir l’appétit. C’est en sentant les arômes exhalés par ces fruits, que l’eau me monte à la bouche!

Ceci n’est qu’un aperçu et avant-goût de mes préférences olfactives. Je me suis déshabillée pour vous le temps d’un article. A votre tour de vous mettre à nu!

Quelles sont vos senteurs, odeurs addictives? Quels « sniffs » provoquent des sensations de bien-être en vous? Dites-moi tout!

Article rédigé par mes soins sur un autre support média il y a 3 ans.

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Amaranthine de Penhaligon’s: un songe féérique et exotique

17 juillet 2011 at 4:35 (Découvertes parfumées) (, , , , , )

Rien de tel qu’une petite escapade imaginaire vers des contrées ensoleillées pour une journée morose et pluvieuse comme aujourd’hui. Quand l’été ne veut venir à moi, je m’en vais à sa rencontre grâce à un petit « sniff » olfactif.

Il y a peu de temps j’ai découvert Amaranthine, un parfum de la maison anglaise Penhaligon’s. C’est justement un jour de grand soleil à la chaleur étouffante que j’ai décidé de me réfugier dans le temple du shopping british à Paris: Le « department store » Old England. J’aime particulièrement « fureter » du côté des parfums. Le magasin propose une sélection de marques anglaises comme Miller Harris et Penhaligon’s.

Le packaging attire tout de suite mon regard. Une boite carrée longiligne de couleur prune foncée et décorée de dessins en filigrane inspirés d’un bestiaire fantastique. Il en faut peu pour emballer mon imagination. Me voilà envolée sur les ailes d’un phoenix en route pour une destination exotique et lointaine. Le nom prolonge le songe. Amaranthine…J’imagine une princesse immortelle mi fée mi humaine alanguie sur un lit fait de lianes et fleurs solaires rêvant d’un prince charmant qui viendra la réveiller et libérer de son sommeil éternel.

Je poursuis la découverte onirique en débouchant le flacon. En verre transparent, il est simplement orné d’une étiquette ronde reprenant en coloris argenté les motifs végétaux de la boite. Au centre trône le nom du parfum: Amaranthine. Le col du flacon est ceint d’un ruban en résille métallisée argentée. Il est temps de vérifier si l’impression visuelle rejoint la promesse olfactive. Je renifle discrètement le vaporisateur, puis en quelques pressions, libère un nuage parfumé. Et….

Et…l’enchantement des sens se prolonge. Je suis immédiatement captivée par le bouquet de senteurs qui se révèle à moi. Une explosion de couleurs solaires d’un jaune très lumineux apparaît devant mes yeux tel un feu d’artifice. Je m’éloigne de la forêt tropicale imaginée il y a quelques instants pour me retrouver sur une plage au sable blanc très fin. La mer de couleur turquoise semble s’étendre à l’infini. Les vagues me lèchent doucement les pieds. Je ressens une grande allégresse, un large sourire comme définitivement accroché à mes lèvres…J’irradie le bien-être… J’inspire par grandes goulées l’air marin vivifiant avant de capter quelques odeurs épicées. Je me tourne en quête de l’origine de ses effluves exotiques. Mes narines frémissent légèrement. Ne serait-ce pas de la cardamome et de la coriandre que je sens? Serais-je en Inde? Tout d’un coup l’ambiance olfactive change. Je perçois à présent une odeur de fleur d’oranger qui me rappelle les pâtisseries de mon enfance. Puis un bouquet de fleurs blanches semble m’assaillir de ses effluves capiteuses. Suis-je à Grasse ou en Egypte? J’ai l’impression de me noyer dans les nuances riches et opulentes du jasmin. Voilà que la fleur des Comores lui vole la vedette et m’ensorcelle. Je me délecte de cette sensation dépaysante et exotique qui m’enivre les sens. J’ai la tête qui tourne, je perds pied. Où suis-je? Ai-je fait le tour du monde en quelques minutes à peine? Je ressens une petite faim me tenailler le ventre. Une envie de douceur subite. Un lait chaud parfumé à la vanille, à la fève tonka et aux muscs blancs?

Soudain, je rouvre les yeux. Et je me souviens. Je me trouve chez Old England, boulevard des Capucines. Je sors du magasin comme en transe. Après la fraicheur sombre, le soleil estival semble me brûler la peau et pourtant je n’en ai cure. J’ai l’impression de flotter sur un nuage d’épices enroulées de feuilles de banane verte. Je ne peux m’arrêter de renifler mon avant-bras que j’ai rebaptisé de cette liqueur aphrodisiaque nommée Amaranthine. Qui aurait cru qu’un parfumeur anglais saurait me transporter si loin et si voluptueusement? Plus je m’éloigne du lieu qui fut le théâtre de mes songes olfactifs, plus je me sens déchirée. Une force irrésistible m’incite à reculer. J’ai envie de retourner sur mes pas, de faire un caprice et d’emporter avec moi cette eau miraculeuse. Comme dans une bulle, je me rends à mon cours de sport. Pour une fois, je suis particulièrement motivée et n’ai de cesse que la séance se termine… pour retrouver la belle endormie. Je cours à perdre haleine de peur de rater le rendez-vous. C’est que la belle s’offre à moi sous ses atours les plus séduisants. Enivrée, je craque devant l’offre irrésistible et emporte ce concentré de volupté exotique avec moi. J’ai rarement eu un tel coup de foudre pour un parfum. Ma Spiritueuse Double Vanille pourrait bien en devenir jalouse

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Parfums d’amour

21 janvier 2011 at 10:42 (Lectures parfumées) (, , , , , , , )

Article rédigé début septembre 2010

Je viens d’apprendre une excellente nouvelle que je me dois de partager avec vous ! Vous connaissez ma passion pour la littérature parfumée au sens  littéraire comme figuré. Vous savez aussi mon amour pour la Maison Guerlain et encore plus pour ses nez.

Il y a deux jours, je viens de lire que Jean-Paul Guerlain nous ferait le plaisir de publier un nouveau livre ! Après le fabuleux « Les routes de mes parfums » que j’ai lu avec délectation à sa sortie et que je continue régulièrement à parcourir, le dernier parfumeur de la dynastie des Guerlain, a décidé de nous conter les histoires à l’origine de toutes ses créations olfactives. « Parfums d’amour » nous dévoile donc les coulisses  des parfums les plus emblématiques comme Samsara, Habit Rouge, Vétiver et Spiritueuse Double Vanille.  Selon l’ancien nez maison, toutes ses créations sont un hommage à la femme qu’il aime ou admire.

La plume poétique de Jean-Paul Guerlain est accompagnée des aquarelles de Marc Lacaze qui avait déjà su si joliment mettre en scène les voyages olfactifs du créateur de parfums.

« Parfums d’amour » est assurément le livre de la rentrée que j’attends avec impatience !  Les textes romantiques et sensuels de l’auteur me laissent souvent songeuse et rêveuse, j’ai l’impression de faire la route avec le parfumeur et de découvrir avec lui toutes ces merveilleuses épices et fleurs cultivées et recueillies au bout du monde.

Petit bonus non négligeable, ce nouvel ouvrage est accompagné d’un vaporisateur de sac de Spiritueuse Double Vanille, l’un de mes parfums préférés ! Vous vous doutez bien, que je courrai acquérir ce livre dont la simple évocation m’a transportée d’enthousiasme !

« Parfums d’amour » est publié aux éditions du Cherche-Midi et paraîtra en avant-première le 1er octobre en boutiques  Guerlain avant d’être distribué dans les librairies à travers l’Hexagone à la fin du mois.

Le prix est de 58 Euro.



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Si la fève tonka m’était contée…

23 janvier 2010 at 1:07 (Découvertes parfumées) (, , , , , , )

… elle s’appelerait Tonka Impériale.

Je voulais vous en parler il y a des mois… puis j’ai oublié. Comment excuser l’inexcusable? Tout simplement par cette justification: je ne l’ai pas encore senti. Pourquoi vous en parler maintenant alors? Là encore la réponse est simple: il le faut! C’est impératif! Je ne peux plus faire de rétention d’information! Soyons justes et honorons ceux qui ont fait figure d’effet déclencheur! La lecture de divers blogs parfumés m’ayant inspirée et provoquée cette profonde envie de vous en dire plus… en aveugle. Oui je me jète sans filet dans le vide puisque je vous parle d’un parfum que je n’ai pas encore senti! Le comble me direz-vous!

Mais la fin justifie, pour cette fois, les moyens! Vous donner l’envie de le découvrir… peut-être même avant moi! Oh je sens la jalousie monter en moi! Oui, je veux le sentir, le sentir tout de suite! Ne me prenez pas de vitesse, ne me gâchez pas le plaisir de l’inédit. Inédit s’il y a puisque certains amateurs de parfums ont déjà eu le privilège de sentir cette nouvelle fragrance. Leur talent poétique, l’intensité des émotions décrites m’ont mise dans un sacré état. Mon nez a frétillé d’excitation anticipée, mon coeur a battu la chamade, tout ça par simple évocation olfactive virtuelle… Quel pouvoir peuvent avoir les mots!

Mais venons-en aux faits! Tonka Impériale est le nouveau parfum de la série exclusive de l’Art et la Matière de Guerlain. L’une de mes conseillères préférées m’en avait parlé en douce l’automne dernier. En me précisant toutefois que sa sortie n’était pas prévue avant fin janvier/début février. Tout feu tout flamme, elle m’a donné quelques précisions que voici.

Il s’agit d’un parfum dans la tradition de Guerlain, reprenant l’un des composants essentiels de la Guerlinade: la fameuse fève tonka. Jamais auparavant la fève tonka avait été traitée en soliflore et enfin la Maison la met à l’honneur! Vous qui aimez, comme moi, les parfums chauds et sensuels (Spiritueuse Double Vanille, Cuir Beluga….), vous allez certainement aimer Tonka Impériale. Elle m’a mise en appétit en évoquant l’appartenance à ce groupe de parfums tout en le distinguant et m’expliquant qu’il était ambigüe et pouvait tout à fait être porté et par la femme et par l’homme. Malgré un matraquage marketing et médiatique qui n’a pas été sans influence sur moi pendant des années, je l’avoue, j’ai beau faire la distinction entre parfums plutôt féminins et plutôt masculins, certaines notes traditionnellement réservées à la gent masculine m’ont profondément séduite. Je pense au basilic et à la lavande par ex. Notes aromatiques que j’affectionne particulièrement. Le basilic pour sa note épicée et anisée et la lavande pour son côté floral, herbacé et fruité boisé à la fois.

Donc si le parfum s’affiche ambigüe, cela m’intrigue encore plus. Le romarin, un aromatique herbacé et camphré, réservé habituellement à la parfumerie masculine semble ici traité avec plus de fraicheur sans son côté âcre si l’on en croit le verdict de certains amateurs.

Mais reparlons de la matière première traitée en priorité: la fève tonka. Connaissez-vous son origine? J’emprunte les mots du site Osmoz.fr qui résume très bien l’histoire, l’origine et l’utilisation de la fève tonka. Voici les extraits: L’arbre produisant la fève tonka est originaire du Venezuela, de la Guyane et du Brésil. La graine est récoltée, séchée, trempée dans l’alcool (rhum) de douze à vingt-quatre heures, séchée à nouveau; elle développe en surface des cristaux de coumarine. Les graines sont réduites en poudre puis extraites aux solvants pour l’obtention de la concrète, puis de l’absolue. Donne un très bel effet naturel doux dans les notes fougères, ambrées, orientales.

Par ailleurs, la fève tonka est également utilisé en cuisine. Elle peut être utilisée en infusion mais aussi râpée comme la noix de muscade pour relever purées, viandes ou aromatiser des desserts comme la panna cotta. Mais attention à l’overdose! Elle peut être toxique!

Certains comparent Tonka Impériale à une pâtisserie fine que l’on dégusterait avec délectation. Les détracteurs de Spiritueuse Double Vanille de la même Maison qui critiquaient son côté über-gourmand et liquoreux, se réconcilient avec Guerlain grâce à cette nouvelle fragrance exclusive.

En addict Guerlain qui se respecte, je vous ferai part de mes impressions dès que j’aurai eu l’occasion de tester cette nouvelle eau de parfum. Vous imaginez mon impatience!

(article rédigé par mes soins sur un autre support Web)

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