Marie Antoinette- voyage olfactif enchanteur des sens

20 mars 2010 at 12:43 (Découvertes parfumées) (, , , , , , , , , , )

Les amateurs de parfums rares et confidentiels vont se régaler! Que vous soyez Parisiens ou touristes de passage, prenez le temps de visiter cette petite boutique située dans une petite rue près de la place du marché Sainte-Catherine.

Le quartier du Marais regorge de surprises en tout genre et je suis étonnée de voir toutes celles qui m’échappent encore malgré mes promenades poussées. J’ai tendance à me perdre (volontairement) dans le dédalle des ruelles et petits passages, en quête d’une charmante adresse que je pourrais découvrir.

Me voici donc arrivée, tout à fait par hasard, devant la boutique MarieAntoinette, rue d’Ormesson. J’aperçois la vitrine du côté opposé de la rue, et sa mise-en-scène m’attire. J’avoue arpenter avec régularité les allées des grands magasins, mais rien ne me séduit plus qu’une petite boutique blottie entre deux ruelles ou perchée au sommet d’une petite colline… Celle-ci est située près d’une place de marché entourée de brasseries et de petits restaurants.

Je traverse la rue et pousse donc la porte. J’ai bien vu de loin que les trésors proposés relevaient du domaine du parfum, mais aucune effluve ne s’échappe de l’intérieur… Pour le moment je me contente du plaisir visuel. Mon regard a été accroché par les emballages tantôt kitsch tantôt rétro des savons fabriqués artisanalement et des flacons joliment ouvragés de facture ancienne…

Je suis accueillie par deux charmants messieurs. L’un, le créateur Antonio de Figueiredo, nous quitte rapidement… »Enfin seuls », me murmure le gentleman restant avec un petit clin d’oeil. Je joue le jeu avec un sourire. Mais passons aux choses sérieuses…

Mon regard ère de droite à gauche, effleure les produits si joliment mis-en-scène. Bougies, papiers à parfumer, parfums, savons, laits pour le corps et gels douche… La boutique a beau être petite, les tentations ne manquent pas!

L’envie me prend alors de mettre à contribution mon nez et de commencer la découverte olfactive. J’explique que je connais certaines marques de parfums présentées comme Parfum d’Empire, Les Parfums de Rosine ou Robert Piguet (certains plus ou moins bien d’ailleurs), mais que d’autres me sont tout à fait inconnues. J’aperçois des savons estampillés Claus Porto 1887 dont même le nom ne m’évoque aucun souvenir, à part une petite connotation allemande, confirmée par le monsieur gardien du temple.

On me présente cette marque portuguaise établie par un Allemand en 1887 à Porto. Selon la légende, cette maison fut la première au Portugal à fabriquer des savons et des parfums. Elle compte aujourd’hui parmi les plus prestigieuses du pays.

Le créateur de la boutique MarieAntoinette, Antonio de Figueiredo, Portuguais de naissance, a souhaité introduire cette marque en France et la faire connaître à un public averti ou amateur. D’ailleurs, parlons pendant quelques instants des motivations de Monsieur de Figueiredo. Quelle était l’idée à l’origine de la création de la boutique? Visiblement, Monsieur aime les senteurs et parfums d’exception et a voulu partager ses coups de coeur avec une clientèle amatrice de beaux parfums au caractère rare et authentique. Il a baptisé sa boutique MarieAntoinette en hommage à sa grand-mère, qui créait ses propres fragrances… Le concept original se fonde sur un désir de remettre à l’honneur une parfumerie d’excellence à la française. De Figueiredo propose ainsi à la fois des produits émanant de vieilles maisons françaises telles que P. Frapin et Cie, Robert Piguet et Parfums d’Orsay et des produits aux racines portuguaises bénéficiant d’une réputation séculaire comme Claus Porto ou Castelbel Porto. Mais on y trouve aussi des créations plus récentes telles que Parfums d’Empire par exemple. Le point commun entre chaque marque séléctionnée, étant toujours cette quête d’excellence, un savoir-faire souvent ancestral, des méthodes artisanales et un choix de matières premières hautement qualitatives et pour la plupart naturelles.

Je ne vous conterai point les histoires de chaque marque présentée dans cette ancienne cordonnerie, cela prendrait trop de temps, toutefois l’une ou l’autre Maison fera certainement l’objet d’un futur article.

Revenons à présent à mon expérience olfactive… Le calme du lieu et l’accueil attentionné encouragent à prendre son temps pour découvrir ces merveilleuses créations. Je me laisse dans un premier temps guider par les choix du Monsieur qui me présente ses préférences. Je découvre ainsi les bougies parfumées de Claus Porto, celles de Carrière Frères Industries inspirées d’un livre botanique (mention spéciale pour la senteur Lycopersicon Esculentunm-Tomate qui me fait penser au jardin de mon grand-père) et bien d’autres encore… Côté savons, je suis charmée par le packaging rétro des savons Claus Porto reprenant des motifs des années 30, ou le coffret évoquant des noms de prestigieux hôtels mais faisant en réalité référence à des légendes de boîte de nuits portugaises toujours de la même période historique (Majestic, Maxim…)…

Pour ce qui est des parfums, j’ai un coup de coeur pour les fragrances l’Humaniste de P. Frapin et Cie (un parfum très frais mêlant agrumes, cortège d’épices et une note évoquant le gin, que je verrai bien porté par mon homme et qui m’évoque Opus 1870 de Penhaligon’s) et 1270 (merveilleux parfum épicé qui s’ouvre avec gourmandise sur les notes d’orange confites, de pruneaux, de raisins, de cacao et de fève tonka, se tonifie en délicatesse grâce à la fleur de vigne, l’immortelle et le tilleul et s’arrondit en douceur avec le miel blanc, la vanille et le bois de gaïac. Une composition enveloppante et sensuelle, réconfortante et douce, délicieusement appropriée les froides nuits d’hiver…). J’ai humé ces fragrances avec un plaisir incomparable et me suis laissée rapidement envoûter par leurs compositions riches et facettées, originales et au caractère trempée mais intimistes… Point de sillage pour ces effluves… Il s’agit de parfums de peau qu’on ne peut percevoir qu’en s’approchant de la personne qui les porte.

Je suis également repartie à la découverte des parfums Robert Piguet, dont j’avais oublié quelque peu les senteurs, les ayant trop rarement respirées. Toutes celles que j’ai senties, évoquent un univers olfactif floral… plus ou moins épicé, gourmand, fruité ou aromatique… J’ai aimé Fracas et Visa mais ne me voit point les porter. Visa est un parfum oriental gourmand addictif censé ensorceller la gente masculine grâce à ses notes fruitées de pêche et de poire, fleuries de rose et d’ylang-ylang, lactées et gourmandes avec la vanille et le bois de santal…  tandis que Fracas est plus un parfum classique aux allures de femme sophistiquée qui séduit par son bouquet de fleurs composé des plus majestueuses du règne végétal comme la tubereuse, le jasmin, la rose, la jonquille, le gardénia…

Je suis repartie avec une crème pour le corps de la Maison Claus Porto parfumée à la lavande, le coeur léger, le nez frétillant et les yeux pleins d’étoiles… J’ai passé un excellent moment dans cette charmante boutique entourée de produits les plus intéressants et délicieux les uns que les autres… Je reviendrai très certainement continuer ce voyage olfactif enchanteur des sens…

En attendant, je vous invite, vous aussi, à pousser la porte de cette « caverne d’Ali-Baba aux milles senteurs » et vous enivrer des effluves rares et originales de Maisons anciennes ou marques contemporaines… Qui sait, vous trouverez peut-être la perle rare, le parfum qui vous sied à merveille, qui se fondra à votre peau avec distinction et vous fera succomber corps et âme…

www.marieantoinetteparis.fr

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Sa Majesté la Rose

14 février 2010 at 12:41 (Découvertes parfumées) (, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , )

Longtemps la rose a-t-elle été délaissée, boudée et même décriée. Jugée trop vieillote, trop poudrée, trop « dadame ». Cette fleur injustement connotée « has been » a enfin et à nouveau le vent en poupe! Les différentes Maisons de parfums la remettent à l’honneur et les jus à base ou créés autour de la rose connaissent un nouvel engouement.

Si j’ai toujours aimé l’odeur de la rose, je n’ai jamais vraiment adopté de parfum où la rose était star. Pourtant la rose, fleur si fragile et puissante à la fois, m’évoque tant de doux souvenirs d’enfance. Les roses sauvages du jardin de mes parents, celles cultivées dans le « parc » de mes grands-parents, les roseraies de Bagatelle… Dès ma plus tendre enfance, j’ai adoré plonger mon nez pourtant délicat dans cette fleur si fraiche et suave à la fois. D’ailleurs certaines confitures de pétales de rose m’évoquent encore aujourd’hui la sensation éprouvée autrefois. Un mélange d’innocence et de sensualité, une odeur légère et vive, un parfum jeune et ancien à la fois…

La rose a beau jouir, malgré elle, d’une réputation de quasi-antiquité, elle peut être extrêmement contemporaine. Saviez-vous que la rose possédait plus de 500 molécules odorantes? Elle peut se faire tour à tour fraîche, verte, fruitée, mieillée, épicée, boisée, citronnée, poudrée… Tout dépend de sa variété, de son origine, du climat dans lequel elle prospère et de l’emploi qu’on en fait.

J’ai à nouveau renoué avec la rose sous forme de parfum, en découvrant Rose Barbare de la collection l’Art et la Matière de Guerlain il y a environ 3 ans. Un parfum dont la beauté et la construction olfactive ne m’ont pas laissée indifférente. Classique et contemporaine à la fois, la rose s’y fait poudrée mais un peu métallique également notamment grâce (ou à cause selon le point de vue) aux aldéhydes tout en restant à l’état quasi-sauvage. Un parfum opulent et léger à la fois. Contrastée et haute en couleur, elle se fait pétillante et douce en même temps. Ses aspects mieillés et musqués ont certainement contribué à me séduire. Si je ne la porte que très rarement, cela est sans doute dû aux notes de patchouli que j’ai toujours du mal à apprivoiser. Et même si elle reste peu poudrée par rapport à certains parfums de rose classiques, elle le semble malgré tout l’être encore trop pour moi. Je la garde donc précieusement au fond d’un tiroir à l’abri de la lumière pour la ressortir de temps à autre quand le besoin d’une bouffée florale s’impose.

En parlant de la rose, j’ai découvert les Parfums de Rosine récemment dont le travail repose justement sur des créations autour de cette reine des fleurs. Les Parfums de Rosine sont un parfait exemple prouvant aux personnes qui ne sont pas à fortiori attirées par la rose, que l’on peut l’aimer et la porter malgré tout. Car si la rose est présente dans tous leurs parfums, elle y est plus ou moins traitée en majeur ou mineur selon les occasions et surtout révèle de nombreuses facettes souvent insoupçonnées. Je vous en reparlerai bientôt notamment en vous faisant découvrir Secrets de Rose, l’un des plus récents parfums de la Maison.

Un autre parfum composé autour de la rose que je souhaite découvrir, est Lipstick Rose des Editions Frédéric Malle. Décrit comme gai et sophistiqué à la fois, ce jus est censé être la représentation de la femme glamour et sophistiquée, se préparant dans son boudoir pour une grande soirée. Comme le nom l’indique, la rose est ici traitée dans son aspect cosmétique notamment avec la « reproduction » de la senteur typique d’un baton de rouge-à-lèvres. J’ai découvert quelques majeures fragrances des Editions de parfums Frédéric Malle il y a quelques semaines, mais j’avais mis Lipstick Rose de côté à l’époque, préférant me consacrer à l’apprivoisement de jus avec lesquels je me sentirais plus facilement en harmonie. Mais ce n’est que partie remise, je partirai à sa recherche olfactive très bientôt.

Dans les créations récentes, on trouve Parisienne d’Yves Saint Laurent. Personnellement, je n’ai pas accroché. Si son nom évoque une femme sensuelle, libre et amoureuse, représentée par la célèbrissime Kate Moss, je n’y ai vu qu’un autre jus créé pour des minettes de 20 ans souhaitant ressembler à leur icône fashion pas si parisienne que cela! J’avoue d’ailleurs trouver quelque peu étrange le choix d’une égérie américaine pour un parfum étant censé être typiquement français et parisien en l’occurence! Un parfum qui se veut chic et sophistiqué, intemporel et moderne à la fois. Pour le côté moderne je veux bien, mais chic? Je ne sais pas.

Il existe des parfums à la rose que j’ai envie de (re-) sentir et (re-) découvrir. Je pense notamment à For Her, de Narciso Rodriguez ou Nahéma de Guerlain. Parmi les anciennes créations, je suis tentée de partir à la recherche de Guerlarose de Guerlain ou Royal White Rose de Lubin (peut-être par l’intermédiaire de l’Osmothèque de Versailles, conservatoire international des parfums).

Et parmi les nouveaux jus récents, Rose Oud by Killian et Rose Wood Blackcurrant de Korrès me font de l’oeil. A voir s’ils sauront captiver mon nez…Par ailleurs, j’ai trouvé assez attirante la nouvelle eau de Dior: Forever and ever. Je l’ai humé il y a quelques semaines à son lancement plus ou moins secret au Sephora des Champs-Elysées. La rose y est traitée dans toute son innocence et sa fraicheur, une rose romantique pour jeunes premières…

Et vous, êtes-vous tombés sous le charme de la rose? Si oui, laquelle susurre le plus tendrement à votre oreille? Y en a t-il une qui vous chamboulle les sens? Vous fait frémir ou frétiller le nez? Ou pensez-vous toujours qu’elle est réservée à votre grand-mère? Faites-moi part de vos impressions!

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